Namur-Luxembourg

L'échevinat namurois du Patrimoine une nouvelle fois dans le collimateur de la justice ? Une chose est sûre néanmoins : lundi matin, le juge d'instruction s'est bien rendu à l'hôtel de ville, dans le bureau du secrétaire communal, afin de saisir les dossiers relatifs à l'abattage des arbres à la Citadelle survenu dans le courant de l'année 2000. En cause, la récente plainte de Guy Delforge, parfumeur et locataire de l'espace Média érigé dans les murailles du site.

Ce dernier reproche en effet à la Ville d'avoir outrepassé ses droits en abattant bien plus d'arbres qu'il n'était prévu. Selon lui, il devait simplement être question de supprimer des arbres malades ou dangereux. L'important abattage réalisé aurait dès lors causé d'importantes infiltrations dans le bâtiment exploité par le parfumeur. Ce dernier affirme d'ailleurs que les travaux de réhabilitation dudit bâtiment se chiffreraient à pas moins de 900000 €. Pour l'heure, plusieurs milliers de mètres carrés de bâches ont été installés pour protéger le bâtiment. Guy Delforge précise encore que 600000 € auraient été attribués à la Ville pour des infiltrations d'eau mais que lui n'en aurait jamais vu la couleur. Ce qui justifierait le fait qu'il ait porté plainte si tardivement, espérant encore que des travaux de réparation seraient entrepris.

Du côté de la Ville de Namur, on se défend de telles accusations. Jean-Louis Close, échevin du Patrimoine à l'époque des faits, a expliqué que le travail a été réalisé dans les règles de l'art et en total respect d'un permis d'urbanisme. De plus, il a ajouté que les experts n'avaient pu déterminer si les infiltrations étaient la conséquence directe de l'abattage des arbres. Du coup, la Région wallonne a refusé de verser quelque subside.

Selon Bernard Claude, le procureur du Roi de Namur, cette affaire n'est cependant pas à mettre en lien avec les fameux dossiers qui perturbent Namur depuis quelques mois. Il ajoute par ailleurs que cette affaire relèverait plus du domaine du civil. Sauf si, évidemment, on découvre que les travaux d'abattage d'il y a six ans n'ont pas été réalisés comme ils auraient dû l'être.