Des p’tits gâtés à Hastedon

Chantal Godard Publié le - Mis à jour le

Namur-Luxembourg

Une crèche de plus, cela ne se refuse pas. Sur les hauteurs de Saint-Servais, tout à côté du plateau d’Hastedon, vient de s’ouvrir une crèche peu ordinaire destinée en priorité aux enfants de personnes en réinsertion et formation professionnelle et de chercheurs d’emploi.

Fruit d’un large partenariatAvec ses 24 places d’accueil, nul doute que "Les P’tits colaus" ("p’tits gâtés", traduit du wallon) fera des heureux. Mise sur pied en un temps record - 9 mois - son originalité réside dans le large partenariat formé autour de l’idée de remédier à l’absentéisme des travailleurs en titres-services qui ne savent à qui confier leurs enfants lorsqu’ils travaillent ou recherchent un emploi. Une initiative du président du CPAS et des administrateurs de l’ALE namuroise et de Natise (titres-services).

L’ASBL "Crèchurgence emploi" a suscité une large mobilisation autour d’elle : la Ville de Namur, Sonefa, l’Entreprise de formation par le travail l’Outil et l’entreprise d’économie sociale Renov (Eco) 2. Et au fil des mois, elle a défié les lois de l’inertie pour se concrétiser aujourd’hui en une crèche quasi neuve. Pour mettre sur pied une crèche, il faut des idées et des partenaires mais aussi un bâtiment.

C’est ici que la salle des fêtes de l’association des œuvres paroissiales des doyennés de Namur et Saint-Servais est tombée à pic "pour réaliser ce miracle" comme en témoigne le doyen Florence. Directeur de Natise, Alain Piron parle, lui, "d’un double miracle car les travaux de rénovation du bâtiment (peinture, couverture des sols etc.) ont été réalisés en plein hiver par les travailleurs de l’entreprise Renov (Eco) 2 et ont été terminés à temps pour l’ouverture de la crèche le 15 mars".

Performance des travailleurs Responsable de cette entreprise d’insertion (rénovation, éco-bio construction,etc.), Alain Daniels souligne "la performance de travailleurs souvent identifiés par leurs manques - 'sans’emploi, 'sans’qualification - et dont le profil ne soulève pas l’enthousiasme des employeurs. Ils auront trouvé ici une seconde chance, si pas une première, de participer à la société. Ils regagnent ainsi une image positive d’eux-mêmes, reprennent confiance en eux, ont de nouveau envie d’apprendre et d’expérimenter de nouvelles choses, fiers d’eux-mêmes et du travail réalisé".

"Les p’tits colaus" s’ajoute aux crèches hors normes - telles que la crèche ouverte 24 h/24 et les Canaillous - gérées par la Sonefa que préside Philippe Detry, "projets que nous n’avons pas modifiés même si les subsides européens ont fondu comme neige au soleil". L’échevine de la petite enfance, Geneviève Lazaron parle "d’un nouveau pas pour augmenter le nombre de places d’accueil 'classiques’ tout en répondant aux besoins d’urgence des parents en phase d’insertion socioprofessionnelle".

Côté finances, la crèche peut compter sur 12 500 euros/an alloués par Natise et sur 25 000 euros/an alloués jusque l’an 2014 par l’ALE à travers une convention car elle a estimé que "cinq-mille heures de travail se perdent avec les problèmes de garde d’enfants".

Chantal Godard