Namur-Luxembourg Dépassement du délai raisonnable et prescription ont aussi été plaidés.

Plusieurs heures de plaidoirie ont été consacrées au dossier concernant un vétérinaire et 13 éleveurs, poursuivis devant le tribunal correctionnel de Dinant pour des faits remontant à 2010. Diverses infractions liées à l’exercice de la fonction vétérinaire, détention et administration de médicaments et substances (anesthésique, hormones et produits stimulateurs de reproduction) à du bétail, et ce, sans autorisation ni prescription, leur sont notamment reprochées.

"N’importe qui a administré n’importe quoi avec, en vedette, un vétérinaire" , avait commenté l’avocat du conseil supérieur de l’ordre des médecins vétérinaires allant jusqu’à le qualifier de "vétérinaire d’autoroute".

L’avocat dudit vétérinaire a notamment démenti les prescriptions délictueuses et le soi-disant trafic de médicaments organisé par son client. "On veut faire passer ce docteur pour un dealer de produits pharmaceutiques", a-t-il déclaré. Lui affirme que l’ensemble des DAF (document d’administration et de fourniture) a été rédigé systématiquement et en ordre. Quant à l’ampleur de ceux-ci (argument de la partie civile et du parquet utilisé pour dénoncer une incompatibilité de temps et de nombre), l’avocat a notamment expliqué que les éleveurs, bien que n’ayant pas fait d’études de médecine, pouvaient souvent aiguiller le médecin sur les symptômes et un diagnostic éventuel, en vue d’accélérer le processus.

Le 1er février

Les éleveurs ont de leur côté abondamment reproché la "généralité" dont a fait preuve le parquet, ne citant que quelques éleveurs sur les 150 clients du vétérinaire poursuivi. "Pourquoi eux et pas les autres ? Finalement, c’est un peu la faute à pas de chance s’ils sont là", s’est expliqué un avocat. Ils ont de manière générale tous dénoncé à tour de rôle les conditions d’audition des éleveurs, et le manque criant de preuves, et ce, malgré des perquisitions menées chez chacun.

En outre, compte tenu de l’ancienneté des faits, ils ont pour certains parlé de prescription, pour d’autres du dépassement du délai raisonnable et globalement tous ont sollicité l’acquittement. Le jugement sera prononcé le 1er février.