Namur-Luxembourg Un cap est franchi par la direction qui a appelé des huissiers pour disperser le piquet.

Voici maintenant plus d’une semaine qu’une action de grève des ouvriers perturbe le fonctionnement de la carrière des Dolomies à Marche-les-Dames. Un conflit qui s’enlise selon les délégués syndicaux qui notent un important changement d’attitude de la direction. En effet, les premières discussions pour une revalorisation salariale remontent à 2016.

"Mais les discussions ont traîné en longueur, la direction faisant tout pour freiner alors que les organisations syndicales n’arrêtaient pas de faire des propositions constructives", expliquent Pedro Pereira et Jacques Michel, délégués FGTB. Il y a une semaine, 80 % des travailleurs ont arrêté le travail pour marquer leur mécontentement face à ce dossier qui restait complètement bloqué.

Et là, selon les délégués des travailleurs, on ressent un changement complet dans la façon d’agir de la direction. "Le groupe Lhoist s’est toujours voulu discret en matière sociale. Il y a déjà eu des restructurations, mais après des négociations qui se passaient en général dans une bonne atmosphère. Cette fois, des huissiers ont été mandatés pour faire cesser le piquet de grève alors que celui-ci n’était nullement agressif, les camions passant sans souci. C’est du jamais-vu chez nous."

Monter la pression

Un changement de ton qui inquiète les représentants du personnel. "C’est choquant. Ils ont envoyé des huissiers et déposé une plainte pour blocage de l’entreprise. La direction demande des astreintes énormes dans le but de casser le mouvement. Évidemment, ils profitent de la situation politique, du soutien du gouvernement."

Depuis toujours, le personnel de l’entreprise a bénéficié de conditions salariales favorables mais la situation est en train de changer, selon Jacques Michel. Pour lui, le climat social se dégrade parce que de nouveaux partenaires sont apparus dans le groupe Lhoist. Il faut que les actionnaires soient bien rémunérés et donc réduire au maximum les coûts salariaux.

De quoi faire monter la pression d’autant plus que le personnel a, malgré la grève, voulu préserver en permanence l’outil de travail. Une nouvelle réunion de conciliation doit se tenir sous peu. Mais les délégués ne semblent pas optimistes. Comment réagira le personnel ? Première réponse ce lundi, après l’assemblée générale des travailleurs.