Namur-Luxembourg

A destination des enfants, adolescents, parents et professionnels, le service Ecoute-Enfants - écoute gratuite, jour et nuit, par des professionnels au N° téléphone 103 - vit des jours et des mois particulièrement tourmentés.

Problèmes de trésorerie

Mis en place en 1990 à l'initiative du Centre de Coordination de la Petite enfance de la province de Namur, ce service d'écoute anonyme est assuré par une équipe de jour constituée de 6 agents provinciaux (de 8h à 20h) et par une équipe de nuit (de 20h à 8h) constituée de 6 travailleurs engagés jusqu'au 29 juin dernier par l'ASBL "Les Amis d'Ecoute-Enfants".

Le subside annuel de 136 000 euros accordé depuis 1996 par la Communauté Française (Aide à la Jeunesse) ne suffisant plus à assurer les salaires et frais de fonctionnement de l'équipe de nuit, de gros problèmes de trésorerie mettaient en péril le service.

Pour les résoudre, l'ASBL proposa de licencier le personnel de nuit le 29 juin dernier avec promesse de réengagement sous statut APE (Région Wallonne) le 1er juillet 2006. Ce qui fit fait.

Mais ce changement de statut généra une inquiétude chez les travailleurs de nuit dont deux d'entre eux se sont épanchés auprès de la CNE.

Un des motifs de leur plainte - qui a perdu son fondement aujourd'hui - reposait sur la synergie organisée entre Ecoute-Enfants et Télépronam (écoute des personnes âgées) ainsi qu'avec SOS Enfants malades. Louis Lambert, permanent syndical CNE - secteur non marchand s'en est expliqué : "N'ayant pas de réponse à notre courrier envoyé à la directrice d'IMAJE et d'Ecoute-Enfants, nous nous sommes vus contraints de provoquer une interpellation de la ministre de l'Enfance, Aide à la Jeunesse et de la Santé de la Communauté Française".Le permanent syndical se dit par ailleurs rassuré par la réponse du député provincial Dominique Notte à l'interpellation de la conseillère Ecolo, Virginie Marchal.

Le député a expliqué le déficit de 80 000 euros de l'ASBL et le subside de la Communauté française jamais indexé et qui ne parvient pas à absorber l'indexation des charges salariales. Le député s'est engagé "à ne pas mélanger les services et à ce que rien ne change ni sur le plan de l'offre de service ni sur l'engagement des travailleurs".

Obtenir son agrément

Quant à Maryse Tonon, elle ne cache pas son inquiétude : "Ce service d'écoute est mon bébé et je refuse de le laisser tomber. L'alternative consistait à proposer à l'intercommunale IMAJE (Intercommunale des Modes d'Accueil pour Jeunes Enfants) de le prendre en charge, ce qui permettait d'engager les travailleurs sous contrat APE tout en reconnaissant leur ancienneté et en résorbant le déficit qui devenait béant".

Maryse Tonon craint de ne pas obtenir l'agrément tant attendu "alors que nous étions près de voir la fin du tunnel. J'ai peur que nous ne perdions tout pour une bêtise. Et que certains ne veuillent créer un autre service Ecoute-Enfants. Nous avons envoyé un dossier hypercomplet à la ministre Fonck et n'avons pas de reproches à nous faire. Les travailleurs sont sous un statut moins précaire qu'avant et ont tous été réengagés. Nous avons agi en toute responsabilité et cela fait mal. Nous ne faisons aucune confusion de patrimoine et nous ne pouvions demander à une intercommunale de subventionner une asbl".

Il reste donc au service à espérer une réponse positive de la Ministre quant à son agrément, sans trop souffrir de toutes ces turpitudes.