Namur-Luxembourg Le Conseil d’Etat a invalidé le permis unique d’exploitation.

Alain Hanse, l’exploitant de l’ULModrome de Liernu, se retrouve une fois de plus confronté à un arrêt du Conseil d’Etat invalidant son permis unique. Pour faire fonctionner le centre il faut deux permis : "Le premier est celui délivré par l’administration de l’aéronautique et concerne tout ce qui n’est pas au sol, on l’a depuis 1989", nous explique Alain, un homme jovial qui ne compte pas se laisser faire.

Le second est le permis unique délivré par la RW pour l’exploitation au sol. C’est ce permis-là qui est contesté par trois riverains et deux éoliens (Eneco et Aspiravi). "Les éoliens ont de gros moyens et une armée d’avocats. Nous sommes confrontés à un lobby puissant", soupire-t-il en évoquant ce harcèlement administratif devenu pour lui un harcèlement éolien.

Plusieurs écoles de pilotage

"Leur but est de faire de l’argent avec les subsides et les certificats verts. Pousse-toi que je m’y mette est leur devise", nous confie Alain qui à chaque recours, une dizaine jusqu’à présent, doit refaire une demande : "Le ministre a septante jours pour revoir sa copie pour un chapitre mal motivé. Je nous sens un peu comme le village gaulois qui résiste aux Romains."

Le boss ne compte pas arrêter son activité : "Si l’on nous met les scellés on ira en référé contre cette décision." Le centre héberge plusieurs écoles de pilotage et dispose de deux DPM (Deltaplane motorisé), cinq paramoteurs, trois petits avions et le petit dernier est un autogyre. Dans les hangars sont stationnés une quarantaine d’engins volants appartenant à des membres du club qui sont 265 en tout et dont le plus âgé a 79 ans. Le site comporte 3 ha dont 2 000 m² de bâtiments.

Là depuis trente ans

Le club innove en permanence, outre l’autogyre qui ressemble à un hélicoptère les drones connaissent un large succès pour le moment : "Il ne faut pas faire n’importe quoi, cela demande une formation théorique et pratique", ajoute Alain qui est serein quant à la pérennité de sa SPRL qui occupe une douzaine de personnes.

"On est là depuis trente ans, bien avant les éoliennes. On ne compte pas céder notre place pour qu’elles s’y installent", conclut-il en souriant.