Namur-Luxembourg

Couvin est à un carrefour. Derrière: un passé prestigieux où les forges de Pernelle au XIXe, puis l'industrie de la poêlerie et ensuite la célèbre entreprise de raquettes de tennis Donnay garantissaient la fierté et la richesse de l'entité. Aujourd'hui, les friches industrielles se résorbent, le trafic sur la N 5 (axe Pays-Bas/France) coupant la ville s'intensifie au gré des interminables travaux sur l'E 411, le zoning de Mariembourg prend du poids mais les projets tardent à se concrétiser. Devant: le contournement de la ville par la N 5 charrie son lot de promesses qui va de l'installation d'entreprises le long de la future voie rapide au développement du tourisme en passant bien sûr par le désenclavement du centre ville avec l'aménagement du coeur citadin, le retour vers les commerces locaux ainsi qu'une attractivité et une sécurité retrouvées. Bref, à Couvin, les habitants attendent, beaucoup espèrent.

L'opposition (MR et Ecolo), pointe facilement du doigt l'inertie de la majorité communale, composée de l'EPSC -Ensemble Pour Couvin (tendance CDH) et du PS, mariés depuis 1994 sous la houlette du bourgmestre Robert Dubuc (EPSC). «Il faut redynamiser Couvin, le sortir de son inertie, lui offrir un lifting. Face aux centres rénovés de Florennes, Chimay ou Philippeville, Couvin est à la traîne», souligne Jacky Mathy, député permanent et tête de liste MR aux communales d'octobre 2006. Et de citer outre le détournement de la ville, des dossiers «qui traînent faute de dynamisme pour décrocher les subsides» comme l'aménagement du centre culturel de la ferme du Faubourg, la caserne des pompiers à rénover ou encore la construction d'une salle omnisports.

Le bourgmestre Robert Dubuc (tendance CDH) considère la critique facile mais aurait été tout de même heureux si les élections avaient eu lieu un an plus tard. «Après un parcours d'obstacles, un labyrinthe administratif et certains «oublis» au niveau ministériel, le dossier du contournement arrive enfin en bout de course. C'est une question de semaines pour recevoir le dernier feu vert. Tout est prêt et les travaux pourront commencer. Même chose pour le hall omnisports, l'accord est là après 5 ans de travail. Et celui de la caserne des pompiers doit suivre.» Face aux dénigrements, la majorité veut présenter, à défaut de chantiers finis ou même entamés, un travail de préparation et de dossiers réussi. Quant aux fruits, Robert Dubuc entend bien les cueillir, raison pour laquelle il se représente à la tête de sa liste (tendance CDH ouverte) renforcée par quelques jeunes «qui en veulent» mais dont l'appellation EPSC change en CVN -Couvin Vous et Nous- «parce qu'on s'engage à améliorer nos contacts avec les citoyens». Tiens!, c'était justement une des lacunes soulignées par Martine Francotte, la seule élue Ecolo qui, elle aussi, tirera sa liste en octobre 2006. Côté MR, Jacky Mathy prévient: «Je ferai un maximum pour être dans la majorité» mais soutient, comme les autres, qu'il a des contacts avec tous.

IC, la liste des dissidents

Si les listes humaniste, Ecolo et libérale se préparent classiquement, le jeu se brouille, par contre, côté socialiste, partenaire dans la majorité depuis 1994. Pourquoi Didier Vilain et Eric Collin, deux échevins PS sur les trois, ont-ils décidé de pousser une nouvelle liste Intérêts Communaux tirée par Francis Saulmont un ancien échevin libéral de la majorité 1988-1994 et renforcée par Willy Berten, élu MR et Gérard Lottin, élu EPSC? Des questions de personnes, glisse-t-on pudiquement. «Lassés par l'organisation et le fonctionnement interne du PS», précise l'actuel échevin PS Eric Villain toujours attaché à son étiquette progressiste. Ces désaffections pèseront sur la liste MR mais surtout sur la liste PS menée par le premier échevin Raymond Douniaux. Et sont sans doute annonciatrices, après 14 ans, d'une nouvelle majorité communale à Couvin...

© La Libre Belgique 2006