Namur-Luxembourg

Julie, une adolescente au caractère solide, porte en elle, parce qu’il lui appartient, un étonnant secret Poussée par le psychiatre, après bien des hésitations, elle se décide à nous le raconter. Avec ceux qu’elle aime le plus au monde, Marie-Marie, sa grand-mère, et le Gros, son chien, elle nous fait revivre son histoire. Et nous emmène à la découverte de "Pacamambo", le Pays où la Lune a emmené Marie-Marie, le pays de toutes les lumières. En choisissant de jouer "Pacamambo" en l’année de son soixante-cinquième anniversaire, le Théâtre royal des Forges (TRF), de Habay, offre au public un merveilleux conte théâtral, dans un grand élan d’affection, de tendresse, d’amour et de rêve, une inéluctable réalité de la vie.

Réalité qui n’est autre que la mort, contre laquelle Julie, d’abord, se révolte, comme sans nul doute chacun d’entre nous, avant de passer à l’acceptation, du chagrin à l’espoir : l’espoir de retrouver un jour ceux qu’on aime au pays de Pacamambo, le lieu de tous les possibles, de toutes les lumières, où notre peau a la couleur de nos désirs. Poétique et direct, Pacamambo nous rappelle l’importance des rituels et aborde de front cette sombre réalité qui préoccupe tous les enfants.

A la fois grave et fantaisiste, cette réflexion sans détour sur la mort culmine dans une célébration de la vie. Pas question, ici, de morbide, même si la mort est sur le plateau, par la présence de Marie-Marie.

Que du contraire car, ici, la mort est douce et ne fait jamais peur, elle se montre même excellente conseillère. Avec des dialogues qui jouent tantôt de la poésie, tantôt de l’humour, tantôt de la cruauté, tandis que les propos de la jeune héroïne sont en réalité un constant dialogue avec le public. "J’écris non pas pour parler de la mort, mais pour l’aimer", dit d’ailleurs Wajdi Mouawad qui, avec cette pièce, a signé une œuvre devenue un classique de la dramaturgie jeune public. Et même tout public. Il est vrai que Wajdi Mouawad est un auteur, metteur en scène et comédien de renommée internationale, récompensé par de multiples prix et distinctions.

C’est, à la troupe du Théâtre des Forges, une jeune actrice de douze ans, Lisa Kaison, qui porte littéralement la pièce, dans un jeu sensible, émouvant et magistral, entourée de quatre autres acteurs. "Je suis certain que, même si quelques situations vous amènent au bord des larmes, vous rentrez chez vous avec une telle charge d’espoir délivrée par ce message, que les lumières de Pacamambo irradieront votre vie au quotidien !", a dit à propos de ce spectacle un critique de renom.

Et, parce qu’il en émerge une fascinante luminosité, le TRF a choisi de donner aux jeux de lumières une intensité qui en fait presque des acteurs de la pièce, introduite par une projection. Et c’est un chœur de cinq jeunes enfants qui fera la liaison musicale, sans paroles, entre les dix séquences de cette pièce. La mise en scène est signée, quant à elle, de Richard Clément, membre de la troupe depuis 1968 et qui a vu lui aussi son travail récompensé. "J’ai ici privilégié une mise en scène sincère, qui reflète la pièce", dit-il.

Pacamambo sera joué les jeudis 10 et 17 mars, ainsi que les dimanches 13 et 20 mars à la salle Le Foyer, à Habay-la-Vieille, avant de partir en tournée. L’année sera encore marquée, en novembre, par un autre spectacle, "La Cagnotte", de Labiche, qui sera tout un symbole festif pour le soixante-cinquième anniversaire.

Infos et réservations : tél. : 0478.65.80.44, de 19h30 à 21h - Internet : www.theatre-royal-des-forges.be - Email : info@theatre-royal-des-forges.be.