Namur-Luxembourg

L’annonce de l’intention de fermer la briqueterie de Wanlin en janvier 2013 et la confirmation de la fin des activités quelques mois plus tard avait fait l’effet d’une bombe dans la région et dans le sud de la province de Namur. Des questions à ce sujet étaient d’ailleurs régulièrement posées par les mandataires politiques au gouvernement wallon.

Wienerberger, qui avait racheté la briqueterie en 2002, évoquait différents aspects pour justifier cette fermeture : un coût de production de briques cuites trop important, un carnet de commande qui ne se remplissait plus et, plus globalement, la crise dans le secteur de la construction. Avec la disparition de cette entreprise qui avait fêté ses 100 ans en 2011, ce sont 22 emplois qui allaient être perdus.

Mais rapidement, le BEP, Wienerberger, la commune de Houyet et d’autres administrations se sont mis autour de la table pour trouver une solution. Une solution qui s’est finalement concrétisée sous le nom d’Argibat grâce à l’entreprise bien connue Thomas&Piron et le groupe Nonet, principalement actif dans les constructions extérieures.

"L’argile de Wanlin est reconnue pour ses qualités exceptionnelles. Ce n’est pas pour rien que la brique de Wanlin était surnommée " la brique de fer ". J’y ai dès lors vu une réelle opportunité de développement dans le secteur de la construction", explique Emmanuel Nonet, le porteur du projet.

De l’argile crue

Ce projet de reprise s’articulait donc autour de l’argile et plus particulièrement sur la fabrication d’une gamme de briques, de mortier et d’enduits de plafonnage à base d’argile crue. Du moins, pour le moment.

"Nous voulons participer à l’évolution actuelle vers des matériaux plus naturels et démocratiser l’utilisation de l’argile de Wanlin. Nous voulons aussi développer des assemblages de différents argiles. Nous avons investi 600 000 € pour reprendre l’entreprise et nous comptons investir 475 000 € d’ici 2017 pour rendre l’outil plus performant. Actuellement, une dizaine de chantiers utilisent nos matériaux. Le prix d’achat est équivalent, voire moins cher que les matériaux traditionnels." Cette reprise a par ailleurs permis de sauver neuf emplois de la précédente équipe, qui ont recommencé à travailler début juillet. A terme, Argibat prévoit de produire 10 000 tonnes de matériaux par an. Soit l’équivalent de 333 semi-remorques.