Namur-Luxembourg

A 66 ans, Papy Auguste ne désarme pas. La dernière fois qu’il était sorti du bois c’était pour poser sa candidature à la présidence du MR. Il n’en était pas à son premier coup d’essai, puisque notre homme avait déjà été candidat à la présidence du CDH face à Joëlle Milquet. Il a convoité aussi le poste de gouverneur de la province de Namur, mais avait vu ses velléités s’envoler par l’arrivée de Denis Mathen. Cette fois, si Auguste (66 ans) fait du foin, c’est pour lancer un cri d’alarme face à la menace des sangliers. Et pour mener son combat, il n’a pas hésité à laisser champs et tracteurs pour rallier en tenue de travail le palais du gouverneur de la province de Namur. Tout un symbole pour celui qu’on surnomme affectivement dans la capitale wallonne "le gouverneur honoraire." "Depuis deux mois, des sangliers ravagent tous les jours mes pâtures. Leur dernière incursion me coûte plus de 750 euros de dégâts. L’autre soir, mon vétérinaire a vu trois sangliers et 8 marcassins. Le problème, c’est qu’ils ne sont plus tellement sauvages. C’est une réelle menace pour nous agriculteurs."

Pour Auguste, à la tête avec son fils de 300 bêtes et d’une centaine d’hectares à Lomprez, la situation est d’autant plus grave que les récoltes sont loin d’être optimales, cette année. "Nous n’avons déjà pas beaucoup de foin. Maintenant c’est notre bon maïs qui est en danger. Si les sangliers venaient à le détruire, ce serait la désolation." Pour Auguste, fini les tergiversations : la solution au problème des sangliers ? L’intervention de l’armée pour repousser ces indésirables et organiser d’immenses battues. "À Marche-en-Famenne, par exemple, l’armée ne demande que ça de se mettre au service de la population, mais pour cela, il faut une volonté politique". D’où sa croisade jusqu’au Palais provincial. Mais notre homme a eu la porte de bois