Namur-Luxembourg Des opérateurs touristiques et Défi déplorent l’absence de B-Excursion dans la verte province.

Les sites touristiques ne manquent pas dans le Luxembourg. D’Arlon à Bouillon en passant par Bastogne et Transinne, les touristes ont l’embarras du choix avec, entre autres, le musée Gaspar, l’Archéoscope, le Bastogne War Museum ou encore l’Euro Space Center. Pourtant, aucune de ces destinations n’est reprise dans le prospectus 2017 des B-Excursions, ces formules qui proposent un combiné voyage en train + ticket d’entrée.

A Bouillon, Thierry Props, adjoint à la direction au syndicat d’initiative, le déplore. "La province de Luxembourg est oubliée par la SNCB, souligne-t-il. Au château, nous accueillons environ 30 000 élèves par an. La plupart viennent en autocar. Des initiatives devraient être prises pour favoriser les transports en commun."

En 2015, le groupe DéFI avait formulé plusieurs propositions afin de "corriger cette injustice". Trois destinations, en l’occurrence Bouillon, Bastogne et Arlon, avaient été ciblées. Deux ans plus tard, la situation n’a pas changé. DéFI revient à la charge en ciblant uniquement Bouillon.

Bouillon devrait en bénéficier

"Nous estimons toujours que la cité médiévale pourrait parfaitement, si la SNCB faisait preuve de souplesse au niveau des critères qu’elle impose aux opérateurs touristiques, prétendre à ce type de formule", relève Jonathan Martin, vice-président exécutif et président de DéFI Luxembourg. "Un package combinant un ticket de train jusqu’à Libramont, un trajet Tec Libramont-Bouillon et les entrées à l’Archéoscope, au château et au Musée Ducal, a tout son sens et ne ferait que renforcer l’attractivité de Bouillon comme destination touristique d’un jour. Alors que l’Archéoscope, en perte de vitesse, inaugure son nouveau spectacle à la suite d’un investissement conséquent, nous sommes convaincus qu’il convient de soutenir l’effort par une nouvelle dynamique."

Ce vendredi, Jonathan Martin et Olivier Maingain, président du parti amarante, se rendront de Bruxelles à Bouillon en train et en bus pour promouvoir la formule B-Excursion, à créer, sur les pas de Godefroid de Bouillon.

"Les critères sont trop restrictifs"

Au musée Gaspar à Arlon, la directrice, Valérie Peuckert, se plaint de l’absence de B-Excursion à destination du chef-lieu de la province. "La ville a de nombreux atouts sur le plan culturel, souligne-t-elle. Notre musée et le musée provincial d’archéologie, entre autres, méritent le détour. Il y a quelques années, j’ai tenté ma chance auprès de la SNCB. La réponse a été négative car le nombre de visiteurs n’était pas suffisant et le prix d’entrée ne correspondait pas au critère fixé. J’ai été très déçue par ce refus catégorique. Cette formule nous aurait permis de toucher un public plus éloigné et d’augmenter la fréquentation."

Selon la responsable du musée arlonais, les critères sont trop restrictifs. Ils devraient être revus, voire carrément supprimés, pour les sites touristiques situés en zones rurales mal desservies par les transports en commun. A l’Euro Space Center à Transinne (Libin), où Olivier Maingain et Jonathan Martin, avaient, il y a deux ans, demandé, par presse interposée, à la SNCB de proposer plusieurs destinations dans la province, l’équipe souhaite elle aussi bénéficier de cette formule.

"A la gare de Libramont, les touristes ont un bus pour Transinne à 9 h 15, précise Yvan Fonteyne, porte-parole de l’ESC. Le trajet dure environ trois quarts d’heure. Le bus retour quitte l’ESC vers quinze heures. Si l’ESC est accessible via les transports en commun, la plupart de nos visiteurs ne les empruntent pas."

A Gouvy, où une formule B-Excursion train + skis a été proposée pendant quelques années, le syndicat d’initiative regrette qu’elle ait été supprimée pour des raisons de rentabilité.

3 questions à Thierry Ney, porte-parole de la SNCB

1 - En 2015, plusieurs propositions de B-Excursions ont été faites. Pourquoi la SNCB n’y a-t-elle pas donné suite ?

Nous avons analysé les demandes, notamment pour Arlon, Bastogne et Bouillon, et nous sommes arrivés à la conclusion que les opérateurs touristiques ne remplissaient pas les critères pour bénéficier de cette formule.

2 - Quels sont ces critères ?

Tout d’abord l’accessibilité en train. Ensuite, le rayonnement, à savoir l’impact de l’événement ou du site à promouvoir. Enfin, le nombre de visiteurs, l’attractivité du prix et la proactivité des organisateurs. La SNCB est un transporteur national qui a une politique économique de rentabilité. Nous essayons de proposer des produits qui attirent un grand nombre de personnes.

3 - Pourquoi ne pas modifier les critères pour les zones rurales, mal desservies ?

Nous répondons aux demandes sur base de critères objectifs qui sont les mêmes pour tout le monde. Toutes les provinces sont traitées sur un pied d’égalité