Namur-Luxembourg Le projet de la ministre de la Santé de réduire le parc d’ambulances inquiète la zone de secours.

La ministre fédérale de la Santé Maggie De Block envisage la possibilité de réduire le parc d’ambulances de 25 %. Rien n’est encore officiel, mais le projet qui traîne dans les cartons du cabinet inquiète les responsables des zones de secours.

"Imaginons un poste de secours équipé d’une seule ambulance", explique le capitaine Stéphane Thiry de la zone de secours du Luxembourg. "Il intervient dans un rayon d’environ 12 km. S’il venait à perdre son unique ambulance, son périmètre d’intervention devrait être couvert par un autre poste plus éloigné, ce qui se traduirait par une augmentation du temps d’intervention. Or dans l’aide médicale urgente, le temps, c’est le nerf de la guerre. Prenons le cas d’un arrêt cardio-respiratoire, par exemple. Après 3 minutes, les chances de survie et de rétablissement décroissent. Qu’adviendra-t-il si une ambulance met 20 minutes pour arriver ?"

Les services incendies en première ligne

Le délai critique d’intervention varie en fonction des circonstances. "Dans le cas d’une personne polytraumatisée par exemple, la première heure est déterminante. Mais quelle que soit la pathologie, plus vite elle est diagnostiquée, plus vite le patient est pris en charge, plus ses chances de guérison sont grandes. A l’inverse, plus on perd de temps, moins il a de chances de s’en sortir."

En province de Luxembourg, les services incendie représentent environ 95 % du parc ambulancier. Le prix d’une sortie variant en fonction des kilomètres parcourus, des temps d’intervention plus long iraient également de paire avec des factures plus lourdes.

Maintenir un service de qualité

Le projet prévoit néanmoins certaines nuances. La réduction du vecteur de premier départ serait ainsi partiellement compensée par la création de PIT supplémentaires - un ambulancier au volant, un infirmier comme convoyeur. "Mais c’est encore très flou", constate le capitaine Thiry. "Nous voulons attirer l’attention de la ministre sur le fait que les zones rurales risquent d’être plus concernées. On veut qu’il y ait concertation pour maintenir un service de qualité."

N.P.