Namur-Luxembourg Le concept a séduit les enfants et leurs parents, les résultats sont très positifs.

Stéphanie Leruse, institutrice primaire à l’école libre Les sources à Virton, n’a pas quitté sa classe de tout l’été ou presque. Et pour cause : elle voulait faire de son local de cours une classe dite flexible. Dès la 3e primaire, l’école communale des Lilas, à Arlon, adoptera aussi cette façon de procéder. L’occasion de demander à l’institutrice comment celle-ci a procédé.

© DR

Quand a germé chez vous l’idée d’une "classe flexible ?"

Tout a commencé en mai dernier. J’ai découvert le laboratoire créatif de la Haute Ecole Robert Schumann de Virton. On y trouvait des canapés, des poufs, des tables, j’ai trouvé cela original et je me suis renseignée pour adapter ce concept d’environnement de travail flexible à une classe de primaire. Cela existe depuis environ cinq ans aux USA et au Canada, de nombreux groupes Facebook en parlent.

Mais qu’entend-on par flexible ?

Il s’agit de réorganiser l’espace de la classe, les postes de travail afin que les enfants puissent travailler debout, assis, couchés, dans une position qui leur semble confortable et naturelle. Mi-juin, je me suis lancée, en amenant une table basse en classe, puis des coussins, des ballons, on a peu à peu enlevé les bureaux. Les enfants pouvaient alors suivre les cours couchés sur des tapis, ou assis sur des ballons. Ils étaient très enthousiastes, mais il a été nécessaire de les cadrer, de leur expliquer les règles de cette nouvelle approche.

Comment ont-ils réagi ? Et les parents ? Qu’est-ce qui change pour vous ?

Le calme et l’attention qui résultaient de cette nouvelle approche m’ont impressionnée. L’énergie que je dépensais à essayer de faire tenir les enfants en place, je peux désormais la consacrer à autre chose vu qu’ils sont plus libres de leurs mouvements et que chacun trouve naturellement sa place. Les parents étaient également ravis. J’ai donc décidé de basculer vers une classe 100 % flexible en ce mois de septembre. J’ai ainsi passé mes vacances à travailler sur l’aménagement de la classe : à trouver du mobilier, dont une partie a été généreusement donnée, à peindre et à poncer afin que cet espace collectif soit le plus fonctionnel possible.

Comment votre expérience est-elle perçue au sein de l’école ?

Au début, certains collègues étaient sceptiques. En ce mois de septembre, les deux classes de première primaire seront flexibles tout comme la deuxième classe de deuxième. Au niveau des matières, rien ne change, nous devons enseigner le programme intégré, apprendre les nombres, la grammaire, la lecture. C’est juste la façon de les enseigner qui est différente.

© DR