Namur-Luxembourg La roche complique le travail tandis que les archéologues font des découvertes de dernière minute.

De par la géologique du site et la présence importante de roche, ce chantier présente de nombreuses difficultés", a indiqué Olivier Mareschal, représentant De Graeve SA. Ce n’est une surprise pour personne, le chantier du Grognon allait être compliqué. Non seulement parce que c’est un parking souterrain de 4 étages, construit sur 12 mètres de profondeur, dont 10 mètres en dessous du niveau de l’eau, mais en plus parce que la roche est omniprésente. "C’est une roche qui peut être dure, voire très dure. D’une part, elle peut contenir du schiste, de l’autre du grès. La résistance est telle que l’on doit remplacer une cinquantaine de dents de forage par jour", explique-t-il.

En plus de cette difficulté, le site est constamment boueux, à cause de la roche schisteuse qui contient de l’argile et qui, lors du forage, reprend sa forme liquide. "Ce que l’on fait, c’est qu’on mélange cette boue très liquide avec de la terre sèche, pour tenter d’étancher un peu le site." Malgré toutes ces difficultés, l’agenda est respecté et les travaux sont effectués dans les temps.

Four de potier et deux bâtiments carrés

Fin du mois de novembre, l’ensemble des 270 pieux sécants seront placés. De l’autre côté, les archéologues, eux aussi, font face à certains rebondissements de dernière minute. Tout récemment, et à l’aube de devoir clôturer temporairement l’espace de recherche, en raison d’un travail en alternance, les équipes ont découvert deux constructions. L’une est un four de potier, indiquant la présence d’un atelier de poterie au Grognon (VIe siècle).

"Jusqu’ici, nous n’en connaissions qu’un situé dans la rue d’Harscamp, a expliqué Raphael Vanmechelen, archéologue. C’est par ailleurs aussi la découverte d’un troisième artisanat au Grognon. Nous avions déjà retrouvé de l’artisanat lié à la métallurgie (alliage de cuivre) ainsi que celui lié à de l’os et du bois de cerf, mais nous découvrons la présence de poterie au Grognon."

D’autre part, deux bâtiments carrés, situés côte à côte, sont observés, mais leur fonction n’a pas encore été déterminée. "Selon nos premières hypothèses, il pourrait s’agir d’un bâtiment funéraire ou un temple religieux, mais ce n’est pas une habitation", a commenté l’archéologue.