Namur-Luxembourg

Un "tifo" de coquelicot géant y sera déployé jeudi. Le point d’orgue d’un bel et utile exercice de mémoire.

Une particularité de l’Institut de la Providence à Champion est qu’on y pratique avec bonheur la pédagogie du projet. Et ça donne de bons résultats... Ainsi deux classes projets, à savoir 48 élèves très motivés de 2e année, ponctueront ce jeudi 9 novembre un bel exercice de devoir de mémoire autour de la Première Guerre mondiale.

Ils déploieront en effet sur le coup de 11h11 et aux sons du “Last Post”, un tifo géant de coquelicot, le fameux “poppy”-symbole des soldats alliés de ce qu’on appela très mal à propos “la der des ders”...

A la base de leur action bien pilotée par Aude Van den Storm et David Hosselet? Le constat réaliste qu’on n’a pas tenu compte des erreurs du passé en ces temps très populo-poujadistes marqués par des nationalismes exacerbés et une rare violence. Les élèves sont donc remontés aux heures sombres de notre Histoire.

Le gaz, tueur féroce

A la Première Guerre mondiale donc... Et plus précisément au 22 avril 1915, lorsque les soldats belges et alliés ont subi la première attaque au gaz de l’histoire dans la plaine d’Ypres. Le bilan fut terrible: plus de 1500 morts et des séquelles physiques et psychologiques atroces. Les élèves se sont penchés sur les causes multiples de la guerre et sur l’engrenage qui a mené à ces batailles mortelles. Leur surprise fut grande en découvrant l’implication des savants et ingénieurs dans les “innovations” militaires. Ils ont traduit le fruit de leurs investigations par des panneaux informatifs.

Puis ils ont ensuite imaginé les aventures de deux soldats : un “Jass” flamand et un “Tommy” britannique à travers douze lettres qui retracent leur quotidien dans les tranchées du Westhoek. Ils sont aussi allés sur place afin de “coller” le plus possible à l’Histoire. Cela les a immergés dans l’atmosphère de recueillement qui règne dans toutes les rues d’Ypres qui avait été pratiquement il y a un siècle. Le tout complété par la visite du musée “In Flanders Fields”, d’une tranchée et de plusieurs cimetières militaires. De retour en Wallonie, en partageant leurs découvertes en famille, les élèves se sont aperçus que leurs arrière-arrière-grands-parents avaient participé à la Grande Guerre comme soldats ou infirmières.

Un hôpital à l’école

En outre, ils ont appris que leur école servait d’hôpital pour les soldats blessés. De retour en classe, ils se sont dits qu’il fallait transmettre ce devoir de mémoire. L’idée d’une exposition chemina. Elle aura aussi lieu ce 9 novermbre sous la a forme d’un parcours dans les tranchées ouvert à tous, parents comme élèves.

Mais pour marquer les esprits de tous les élèves de l’Institut de la Providence à l’approche de l’anniversaire de l’Armistice, ils les associeront à la création d’un tifo géant en forme de coquelicot dans la Cour d’honneur. Les élèves des classes projets liront aussi quelques textes. Voilà une magnifique initiative qui, une fois n’est pas coutume, hissera au moins une école de chez nous au niveau de leurs homologues britanniques qui même cent ans après cultivent fièrement le souvenir...