Namur-Luxembourg

Comment sortir la tête haute d’une impasse ? Comment ne pas laisser pourrir le dossier du centre commercial jusqu’aux élections en attendant la prochaine majorité ? Comment ne pas laisser le promoteur décider seul de l’aménagement du centre commercial et s’attirer le courroux des Namurois ?

Même si Besix Red a annoncé au début de l’année qu’il présenterait des esquisses du futur projet avant l’automne, même si on sentait le bourgmestre impatient de voir le projet sur les rails avant la fin de la législature, tout a été interrompu dans le souci de regagner en crédibilité auprès des citoyens.

Le collège a décidé de lancer un processus de co-construction pour ce qui s’appelle désormais le quartier du square Léopold. "Rien n’est ficelé, rien n’est arrêté et tout reste à construire, même si de nouvelles idées ont déjà été lancées pour signifier que nous n’étions pas condamnés au surplace ou à l’échec", assure Arnaud Gavroy, fier d’avoir initié le processus.

Appel ouvert à tous les Namurois

Qui participera à ce groupe d’une trentaine de personnes engagées dans le processus de co-construction ? Le Forum citoyen (deux personnes), le promoteur Besixred (2), le Collectif parc Léopold (2), les Associations des commerçants de Namur (1) et de Jambes (1), le Comité de quartier de Bomel (1), GAU (1), le TEC (1), les partis du Conseil communal (1 personne par groupe politique), la Commission consultative communale d’aménagement du territoire et de mobilité (1), les habitants du quartier (minimum 3), les propriétaires d’immeubles dans le quartier (minimum 3), les commerçants et les employés qui travaillent dans le quartier (minimum 3).

Ils recevront une invitation nominative par courrier cette semaine. Les commerçants seront démarchés personnellement par le pavillon de l’aménagement urbain qui coordonne le tout. L’appel à candidatures est néanmoins ouvert à tous les Namurois afin de compléter le panel.

Pour un maximum de crédibilité et d’objectivité, la mission a été confiée à un opérateur extérieur, Tr@me, qui a l’habitude du processus où chacun commencera par vider son sac pour comprendre les perspectives et enjeux de chacun et arriver, au terme de quatre ateliers à dégager des idées - parfois éclairées par des consultants experts à la demande - profitables à tous.


"Un centre commercial du milieu du XXIe siècle"

Puisque toutes les grandes villes ont un centre commercial et que Namur va seulement construire le sien, il ne ressemblera à aucun de ceux que l’on connaît par chez nous. Certains évoquent pour le quartier Léopold une halle aux artisans : pourquoi pas ? Un focus sur la récup’ et le recyclage comme en Suède : c’est possible.

Selon l’échevin du Commerce, Luc Gennart, "il faudra concevoir un centre commercial du milieu du XXIe siècle qui sera toujours compétent et pertinent d’ici 20 à 25 ans. Il devra tenir compte des évolutions de comportement d’achat de la clientèle, de l’influence de l’achat en ligne, de l’évolution de la notion de service après-vente…"

Outre le centre commercial, le panel devra imaginer tout un quartier : de quoi a-t-on besoin pour répondre aux attentes de chacun dans ce quartier-ci, qui s’étend de la place de la Station au rond-point Léopold en longueur, et jusqu’à la rue des Croisiers et l’hôtel de ville en profondeur. "On a inclus le terrain de l’Espena car il s’agit d’un espace à réhabiliter dans la corbeille, mais on n’a pas inclus son achat au budget 2018 pour ne pas forcer la main au processus", précise Arnaud Gavroy.

Un centre commercial d’ici trois ans

Là où les avis divergent, c’est sur l’échéance. Certes, un calendrier de réunions prévoit que la présentation du rapport final se fasse aux politiques et aux citoyens pour la toute fin de l’année - après les élections donc - mais quid de la construction ? "On peut imaginer un centre commercial d’ici à trois ans, puisque tout aura été discuté en amont", espère Luc Gennart. "On prend le temps, on n’a jamais vu un centre commercial s’ériger en trois ans. Mais certains aménagements moins lourds peuvent le précéder", tempère Arnaud Gavroy.

Raisonnablement, on peut espérer voir le quartier Léopold redynamisé pour la fin de la prochaine législature, en 2024.


Trois questions à Arnaud Gavroy, échevin de l’Aménagement urbain

1. La Ville fait aveu d’échec ?

"Au contraire. C’est un peu un cadeau que l’on fait à la prochaine majorité, quelle qu’elle soit : elle aura pour réhabiliter ce quartier un consensus de projets proposés et validés par les différents intervenants autour de la table. Tout ira plus vite."

2. On n’avait pas déjà fait ça avec la conciliation ?

" Nous ne sommes plus dans une participation en aval sur un projet prédéterminé, mais dans une participation en amont, dans un cadre qui fournira un précieux outil d’aide à la décision après les élections."

3. Combien coûte ce processus par un tiers ?

" Cela coûte 22 000 € TVA comprise. "