Namur-Luxembourg Un trajet étonnant, depuis votre salon jusqu’au terreau des jardinières !


Votre sapin de Noël va vivre une seconde vie après les fêtes. Il pourrait garnir vos jardinières sous forme de compost, un des composants du terreau. Il pourrait aussi se retrouver dans les fagots qui alimenteront le 18 février prochain le Grand Feu de Bouge ou un des sept feux périphériques. Pour vous débarrasser de votre beau sapin, roi des forêts (refrain connu !), qui a perdu beaucoup de sa superbe depuis Noël, plusieurs solutions : soit vous l’abandonnez, dégarni de ses ornements et - surtout - du croisillon en bois qui constituait son pied, le long de votre trottoir le jour de la collecte organisée par votre commune, soit vous le conduisez vous-même au parc à conteneurs.

Gaëtan Dufey, le responsable du centre de compostage de Naninne : "Nous n’avons pas encore beaucoup de sapins car les collectes sélectives ont lieu après l’Epiphanie, le 6 janvier. Les sapins que nous traitons actuellement viennent des parcs à conteneurs (75 %), des collectes communales (15 %) ou des entreprises de jardinage (10 %). La Ville de Namur nous fournit le reliquat des sapins collectés, le reste alimentant prioritairement le grand feu de Bouge et les feux périphériques."

Le procédé

Comment sont traités ces sapins à Naninne ? "Dès leur arrivée, ils sont broyés et tamisés pour être séparés en deux : les parties ligneuses qui seront valorisées en biomasse énergétique et les parties fines, destinées à la production d’un compost de qualité", explique cet ingénieur agronome de formation, responsable de la gestion du personnel (quatre ouvriers) et du matériel.

Dernières étapes de la fabrication d’un compost de qualité : d’abord, le compostage par aération forcée sous membrane, où la fraction la plus fine des déchets verts est mise en tas, humidifiée puis ventilée pendant six semaines avec apport d’oxygène piloté via des canaux intégrés dans le sol.

Le compost est ensuite amené à maturation pendant plusieurs semaines. Puis, au stade final, il sera tamisé et, enfin, mis en vente aux professionnels et aux particuliers.


8000 sapins sur le bûcher

Ceux qui croyaient que les Grands Feux namurois n’étaient qu’un entassement de fagots auxquels on boutait le feu en jetant une allumette sur la base du bûcher imbibé d’essence ont tout faux !

Amaury Philippe, secrétaire de la Confrérie royale du Grand Feu traditionnel de Bouge, nous a fourni quelques explications : "D’abord, nous mettons en place une structure composée d’un poteau électrique (déclassé, bien entendu) sur lequel nous fixons quatre perches pour stabiliser le poteau. A ces perches seront fixées des traverses qui accueilleront les différents fagots de sapin. Nos bénévoles et organisateurs ont pris l’habitude de se muer en représentants des corps de métier les plus insolites pour arriver à une structure qui fait, bon an, mal an, de 10 à 12 mètres de haut !"

Structure qu’il faudra ensuite garnir avec les plus beaux fagots tressés tandis que les autres fagots prennent place à l’intérieur de la structure pyramidale. Il précise qu’aucun comburant n’est utilisé pour l’allumage. "Tout au plus, avons-nous des fagots bien secs pour démarrer le feu."

Le secrétaire précise : "Depuis des années, nous n’acceptons plus les sapins venant des particuliers ni les invendus des marchands de sapin. En 2017, nous avons reçu 4 022 sapins venant de la Ville de Namur. Si je m’en souviens, il a fallu 17 camions pour les transporter. Cette année, Bernard Guilitte, l’échevin de l’Environnement, a évoqué le chiffre de 8 000 sapins ! Mais il y a aussi les autres feux périphériques à alimenter."

Le Grand Feu aura lieu le 18 février, accueil dès 17 h.