Namur-Luxembourg Les partisans du projet réclament plus de transparence.

Le projet Nassonia n’en finit pas d’éprouver la patience de ceux qui voudraient le voir avancer. Initié par Eric Domb l’année dernière, cet ambitieux dossier prévoyait la création d’un sanctuaire dédié à la biodiversité sur plus de 1 500 hectares de forêts nassognardes. Le créateur de la Fondation Pairi Daiza s’était dit prêt à verser 400 000 euros par an à la commune pour assurer la gestion du domaine via un bail emphytéotique de 99 ans. Mais malgré la signature par les autorités communales d’une convention préparatoire à la conclusion d’un contrat d’emphytéose - assimilée par beaucoup à un préaccord - les tractations se sont progressivement enlisées.

Aujourd’hui, le silence du bourgmestre, Marc Quirynen (CDH), en agace plus d’un. "Il affirme qu’il ne communique pas pour ne pas nuire aux négociations en cours", déplore Charles Piette, membre du collectif Pro-Nassonia. "Il n’empêche, nous sommes quand même en droit d’attendre d’une commune que, face à un tel projet, elle se manifeste sur le fond."

Manque de transparence

Le bourgmestre a pris connaissance des résultats mi-janvier, mais il ne souhaite pas les communiquer pour l’instant. "Certainement pas dans l’état actuel des choses", déclare-t-il. "De toute façon, le point d’achoppement ne concerne plus le montant du canon proposé, mais bien les conditions juridiques du dossier. La balle est dans le camp de la Région wallonne, qui étudie actuellement l’opportunité d’établir un cahier des charges en vue d’un appel d’offres."

Dans les rangs de l’opposition, on déplore le manque de transparence et l’immobilisme de la majorité. "La décision finale reviendra quand même à la commune", note Philippe Lefèbvre, conseiller de la minorité PS. "D’où l’importance d’établir un plan financier pour pouvoir s’appuyer sur des chiffres le jour où le cahier des charges arrivera. Le problème, c’est qu’il n’y a aucune vision à long terme dans le chef de la commune."