Namur-Luxembourg La démolition peut reprendre. Les défenseurs du château sont déçus de la décision de la cour d’appel.

Début juin, le tribunal des référés estimait que le permis délivré pour la démolition du château de Noisy par la commune de Houyet en juillet 2015 était illégal, se basant sur l’absence d’une enquête publique et le non-respect du code environnemental. Il avait ordonné la suspension des travaux, sous peine d’une astreinte de 20 000 € par jour de retard, en attendant qu’un nouveau permis d’urbanisme soit octroyé en bonne et due forme.

Le 20 juin, la commune annonçait qu’elle faisait appel de cette décision : les violations au code de l’environnement n’étaient pas si évidentes que cela pour la commune. La société Miranda (propriétaire du château) avait également déposé un recours quelques jours après le jugement en référé.

"La juge donne une prime au fait accompli"

La cour d’appel de Liège vient de rendre son arrêt. Le moins que l’on puisse écrire est qu’il ne satisfait pas les défenseurs du château. "La juge présidente de la 12e chambre, Mme Malmendier, a, une fois encore, malmené les défenseurs de l’environnement", estime Elisabeth Gilet, pour l’association Sauvegarde du château de Noisy. "Elle donne une prime au fait accompli, autorise la destruction d’une colonie de chauves-souris alors qu’en pareil cas, c’est à l’inspecteur général du DNF qu’il incombe de donner une dérogation qui tienne compte des intérêts en présence. La cour méprise l’importance de l’enquête publique dont les opposants ont été privés et se garde d’ailleurs bien d’examiner les griefs d’illégalité du permis de démolition, à l’inverse du premier juge, et refuse d’appliquer le code judiciaire qui exigeait que la société Miranda donne l’identité précise de ses administrateurs."

Les défenseurs du château ne comptent pas en rester là ! "Nous déposons plainte contre les trois administrateurs de la société Miranda et contre la société Castagnetti, chargée de la destruction, pour violation de la loi sur la conservation de la nature. La Commission européenne sera également saisie puisque la protection des chauves-souris relève d’une directive européenne si la Région wallonne n’interdit pas la destruction de cette colonie de chauves-souris. A moins que la société Miranda n’obtienne une dérogation du DNF."