Namur-Luxembourg

La nouvelle était dans l’air depuis l’annonce officielle des principaux noms de la future liste Peps au prochain scrutin communal. C’est que les troupes de François Piette, actuellement dans l’opposition, ont accueilli dans leurs rangs un renfort de choix : Stéphan Tripnaux, deuxième échevin et élu sur la liste IC. Une nouvelle qui n’est pas du tout du goût de tout le monde au sein de la majorité formée par les groupes IC (un cartel qui rassemble des MR et des CDH) et Ecolo. Et singulièrement dans le collège patronné par le bourgmestre Luc Delire (MR).

Stéphan Tripnaux est vu désormais comme une "taupe" de Peps. D’où une motion de méfiance qui sera soumise au vote lors du prochain conseil communal, le jeudi 22 mars. "La confiance est rompue", assène Luc Delire. En interrogeant les coulisses du pouvoir profondevillois, il apparaît que cette mise à l’écart est plutôt le résultat d’un processus assez long que d’une rupture brutale. "En fait, c’est une nouvelle qui ne surprend pas vraiment, qui est dans l’air du temps", commente un bon connaisseur de la vie politique locale. "Cela est aussi lié à la personnalité de Stéphan Tripnaux, assez indépendante. On lui a parfois reproché, par le passé, de faire cavalier seul sur certains dossiers. Les attributions qu’il exerce depuis des années, en particulier les travaux, lui donnent une grande visibilité, en même temps qu’elles lui assurent une certaine popularité. C’est aussi un des membres du collège qui, avec le bourgmestre, est le plus présent dans la commune."

La conjugaison de ces différents éléments aurait donc débouché sur la cassure. D’un point de vue plus politique, on pourrait s’interroger sur une éventuelle lutte au sein même du groupe IC. En effet, la tendance MR y est majoritaire, et comprend notamment le bourgmestre. Stéphan Tripnaux, lui, est apparenté au CDH, l’autre tendance historique (ces deux partis font partie de la majorité profondevilloise depuis des lustres, même s’ils n’ont pas toujours fait liste commune). Mais visiblement, des échos recueillis, l’échevin menacé d’être écarté est bien le seul visé, et le cartel tient toujours bon.