Quand écologie, économie et social se rejoignent

Chantal Godard Publié le - Mis à jour le

Namur-Luxembourg

Créée il y a 2 ans, la très petite entreprise "Renov (Eco) 2" rénove les bâtiments et se lance dans l’isolation. Les techniques écologiques sont sa spécialité. Constituée en coopérative avec le CPAS, ARCO, EPC, SOWECSOM et Alain Daniels, son directeur et créateur, cette entreprise d’insertion sert de rampe de lancement à des travailleurs sans emploi et sans expérience professionnelle.

Renov (Eco) 2 compte 7 travailleurs temps plein et 1 mi-temps, en ce compris un accompagnateur social, le spécialiste en isolation et Alain Daniels, son directeur, qui y croit dur comme fer : "J’ai eu cette idée en voyant trop de stagiaires du bâtiment rester sur le carreau. Avant d’arriver chez nous les travailleurs n’ont aucune expérience professionnelle. Notre entreprise refuse d’utiliser les gens pour engranger des subsides et les envoyer ailleurs lorsque les subsides sont absorbés. Nous créons de l’emploi durable. C’est difficile de faire à la fois de l’économique et du social. Il y a un équilibre et un seuil de rentabilité à garder, où chacun doit gagner son salaire malgré des périodes de déficits".

La plupart des travailleurs de cette TPE ont suivi une formation pré-qualifiante à l’Entreprise de Formation par le Travail (EFT) l’Outil et font leurs 520 h de stage chez Renov (Eco) 2 où ils apprennent l’enduisage, la peinture et l’isolation ainsi que des techniques et matières originales comme les solvants à base d’orange, les peintures naturelles, le soufflage de cellulose de papier, le plafonnage à l’argile

"Ils se perfectionnent dans quelque chose de nouveau et gagnent une expertise. C’est différent d’une carrière d’assisté. Le processus s’inverse. Ils se valorisent, gagnent un salaire, acquièrent une fierté. C’est la force d’une petite entreprise de prendre ces aspects en considération avec l’aide de l’accompagnateur social qui s’attache à résorber les problèmes sociaux qui empêchent parfois les gens de travailler et risquent de mettre l’entreprise en faillite".

Rien qu’avec les 2000 logements sociaux que compte Namur, le travail ne manque pas. "L’entreprise propose d’isoler écologiquement les maisons (à l’exception de la pose de doubles vitrages) sans mettre en péril les bâtiments construits à une époque où on ne tenait pas compte des économies d’énergie. C’est un domaine qui nécessite un savoir-faire et crée de l’emploi car c’est un travail qui prend du temps".

La cellulose de papier recyclé, la laine de bois, le chanvre, le lin sont les matières de prédilection de Renov (Eco) 2. Selon Yves Hayot, spécialisé dans les techniques écologiques d’isolation, "elles assimilent la vapeur d’eau et la restituent, isolent du froid, de la chaleur et du bruit. Ces isolants performants ne nécessitent pas de joints. La fibre de bois permet d’isoler une maison par l’extérieur et garde les murs chauds en hiver tout en garantissant un confort thermique en été. De plus les matériaux écologiques ne sont pas toxiques ni pour les ouvriers ni pour les clients". "A la différence des techniques alternatives d’énergie qui sont visibles, une bonne isolation contribue à réduire sa consommation mais ne se voit pas. Nous réalisons une analyse du bâtiment et partageons notre expertise pour que le client ait le meilleur résultat au prix juste. Une bonne isolation nécessite de la méticulosité."

L’entreprise propose ses services pour toutes les bourses et propose d’aider les clients à obtenir leurs primes à la réhabilitation et à l’isolation. "Riches comme pauvres, nous sommes tous sur le même bateau".

Chantal Godard