Namur-Luxembourg

Un petit hectare de production bio de légumes. Cette culture maraîchère se retrouve ensuite dans l’épicerie de Laura Delfosse, à Redu. Elle vend d’autres produits, comme des fromages de la région, du pain ou encore des pâtes. Elle se lance, petit à petit. "C’est beaucoup de travail, mais la volonté est là", explique-t-elle. Cette jeune femme, fille d’agriculteurs, a intégré en janvier 2011 la filière agriculture locale et tourisme rural de Créa-Job. Depuis 2003, cette association, dont un des sièges se trouve à Hotton, développe des compétences en matière d’aide à l’entrepreneuriat. Accompagnement individualisé, couveuse d’entreprises, formations liées à la création d’activités, bref, Créa-Job a un champ d’intervention assez large.

Son but : soutenir ces hommes et ces femmes qui ont des projets mais éprouvent des difficultés à passer du statut de demandeur d’emploi à celui de travailleur indépendant. En 2010, l’ASBL a débuté l’expérience pilote, en Luxembourg, d’une filière agrotourisme, avec l’aide de la Province, qui a débloqué 35000 euros. "Le tourisme et l’agriculture sont deux secteurs importants, dans l’économie luxembourgeoise", indique Isabelle Mélon, chargée de projet. "On sait qu’il existe des obstacles, pour les agriculteurs, comme l’accès à la terre, au crédit " Et puis, il n’est pas toujours simple de commercialiser ses produits. Ici, l’idée n’est pas de former des agriculteurs. Il s’agit de les soutenir pour diversifier leurs activités, les professionnaliser et les mettre en réseau avec les différents acteurs.

"On touche plutôt la petite activité d’agriculture paysanne", enchaîne Isabelle Mélon. "Nous souhaitons arriver à ce qu’ils en vivent." Pour y parvenir, Créa-Job utilise ses outils comme le suivi et le coaching personnalisé. Au cours du premier semestre 2011, 39 rendez-vous ont eu lieu. "Il existe un réel besoin, pour le secteur, d’être formé et accompagné", indique la chargée de projet.

Frédéric Dallemagne, de Tenneville a choisi de fonder sa propre activité : "J’ai toujours trouvé que les produits à la ferme devaient être plus accessibles au consommateur. Je me considère comme un chaînon manquant, c’est-à-dire un intermédiaire entre la production et la vente". Il propose donc des fromages d’une coopérative en divers endroits.