Namur-Luxembourg Ces 80 jeunes apprenaient à refaire le monde à la Marlagne à Wépion (Centre culturel Marcel Hicter) du 12 au 18 septembre, après une 1eAgora jeunes citoyens organisée à Montréal en 2004. A l'initiative du Bureau international de jeunesse (BIJ) et en partenariat avec la Fédération des maisons de jeunes, ces jeunes se sont initiés à la citoyenneté active et démocratique à travers différents espaces: l'intervention théâtrale, la radio, la presse écrite, le rap et le slam, les performances citoyennes.

La Marlagne donnait l'air d'avoir été transformée en une ville miniature avec ses studio radio, centre de presse écrite, cafés citoyens, ses mini-manifestations et multiples ateliers d'apprentissage (développement durable, commerce équitable, budgets participatifs, etc.). Majo Hansotte, collaboratrice du BIJ, explique «l'urgence» de cette organisation: «Nous donnons aux jeunes l'occasion de discuter du malaise qu'ils éprouvent face à l'opposition entre le politique, engagement pour un bien commun, et la politique, gestion des Etats par des partis. Un apprentissage aux intelligences citoyennes est nécessaire. Dissocier la citoyenneté de l'appartenance à une nation. Nous créons des moments de débats pour discuter des médias qui font de l'info avec du vide et qui diffusent des images à tout prix.» Les jeunes peuvent découvrir des alternatives citoyennes. Les participants sont sélectionnés sur base de leur action petite ou grande dans leur pays. Geneviève Bois de Montréal (17 ans) a été active dans une grève étudiante en matière de gratuité scolaire: «Il y a beaucoup de préjugés sur les jeunes, comme si à 17 ans on ne pouvait pas comprendre. Il faut pouvoir laisser la place aux jeunes, les informer. Participer à des forums et des grèves, c'est un exercice démocratique extraordinaire. De même ici, nous vivons une expérience hallucinante. Il est rare que l'on puisse avoir un contact direct avec tant de réalités différentes, discuter face à face avec des Rwandais, Sénégalais,...» Des jeunes du Mexique, Québec, République démocratique du Congo, Roumanie, Catalogne se sont frottés au «budget participatif» inspiré du Brésil. Patrick Bodart de l'asbl Périféria a communiqué son expérience de terrain au Brésil: «Les choses les plus intéressantes se passent en périphérie en dehors des grands centres. Comment pouvons-nous nous impliquer dans des projets de quartiers citoyens chacun dans notre pays? Face à ce double enfermement que génère l'isolement du politique face à la population, des espaces d'innovation sont possibles. Comme à Porto Alegre, la première ville qui a osé discuter (en 1989) de son budget avec la population.» Au cours de la semaine, les jeunes ont simulé la discussion de l'affectation des ressources de leur ville.

© La Libre Belgique 2005