Namur-Luxembourg Les poursuites opposant Ludwig Simon et la Ville devant le tribunal se terminent.

L’audience devant le tribunal de première instance de Namur était prévue ce 12 décembre ne sera finalement pas effective, mais l’affaire se conclura par la signature d’un accord, ont indiqué les avocats des deux parties.

Ludwig Simon, en tant que porte-parole du collectif Mendiants d’humanité, avait entamé des poursuites contre la Ville afin d’interdire la reconduction du règlement anti-mendicité, effectif durant trois mois entre juillet et septembre 2017 à Namur, et d’être indemnisé pour cette période durant laquelle lui et d’autres n’ont pas pu mendier.

En juin dernier, l’adoption temporaire de ce règlement avait été le point de départ d’une importante mobilisation s’y opposant. Au même moment, la Ville avait pris la décision de mettre en place un groupe de travail regroupant les différents acteurs liés à ce règlement, dont les commerçants, les mendiants, les travailleurs sociaux, la police, le CPAS… afin d’entendre les attentes, constats et revendications de chacun.

Devant le tribunal , Jean-Marie Dermagne, avocat de la Ligue des droits de l’Homme, entendait prouver que ce type de règlements était contraire aux droits humains. Finalement, l’avocat n’aura pas à plaider quoi que ce soit. "Nous venons d’apprendre que le collège de Namur a renoncé à renouveler son règlement scélérat de 2017. C’est une victoire pour nous, car c’était notre objectif prioritaire", a-t-il indiqué à la veille de l’audience.

En effet, le 14 décembre prochain, le conseil communal de Namur devra se prononcer sur l’adaptation du règlement général de police et en particulier l’article 40 bis sur la mendicité. Dès 2018, la Ville interdira la mendicité, mais seulement dans certains lieux, dont les abords des écoles, sur le marché hebdomadaire ou encore aux abords des banques.

"L’idée est d’adopter certaines règles en la matière, mais plus avec la même intention", a commenté l’avocat de la ville de Namur, Me Marc Nihoul. Parallèlement à cette décision, Ludwig Simon avait requis des dommages et intérêts pour un montant de 20.000 euros. Une réclamation qu’il abandonnerait à condition que plus aucun règlement anti-mendicité ne soit en vigueur, mais il doit encore discuter avec son avocat sur ce point, a-t-il indiqué lundi.