Namur-Luxembourg

La démarche est peu banale. Vendredi dernier, les habitants de toute l'entité cinacienne recevaient dans leurs boîtes aux lettres un tract émanant du Collège, pour les inviter à se prononcer sur un des trois projets éoliens en cours sur le territoire communal, celui de la plaine du Grand Bon Dieu à Sovet. Le texte n'est pas du goût du comité d'opposants, dans lequel se retrouvent des membres de l'association Ventderaison. Le comité a donc rédigé un autre tract, qui sera distribué en toutes boîtes dans le courant de la semaine prochaine. La volonté du Collège, en la matière, est surtout de faire réagir la population durant l'enquête publique qui se clôturera le 22 mai.

Aux yeux de Cécile Cornet d'Elzius, qui signe le tract des opposants, ou Michel Dubois qui en est l'éditeur, la manière de présenter le dossier par les élus est tendancieuse. Comme Ventderaison en a pris l'habitude pour d'autres projets éoliens dans la région, les critiques portent sur les éoliennes en général et non sur le cas particulier considéré. Ici, le tract conteste le discours du Collège sur le bruit généré, l'impact sur la faune, la quantité d'électricité produite. Il conclut en se demandant "pourquoi donc vouloir s'obstiner à défigurer nos beaux paysages condruziens avec des parcs de cinq ou six engins alors qu'un seul des projets en mer du Nord, en l'occurrence Belwind à quarante-cinq kilomètres au large de Zeebruges, assurera une production quarante à cinquante fois supérieure en passant inaperçu".

Décidément, la perception d'une éolienne sur un plan esthétique peut déchaîner des passions. Pour Ventderaison et ses adeptes, les moulins à vent modernes n'ont pas leur place à l'intérieur des terres, pour des raisons de préservation de l'aspect paysager mais aussi parce que la rentabilité est moindre que dans le cadre d'un projet off shore.