Namur-Luxembourg

Edité par le Musée de la Céramique d’Andenne et réalisé par Claude Hellas, historien d’art, le livre richement illustré, "Léon Tombu. L’homme, le peintre" a le mérite de faire connaître l’œuvre et le personnage de Léon Tombu, né à Andenelle le 25 janvier 1866, au n° 3 de la place rebaptisée aujourd’hui à son nom.

Carnets de croquis

L’auteur, Claude Hellas, a fondé les bases de sa recherche historique sur les œuvres - une quinzaine de peintures, nombre de gravures - ainsi que sur une douzaine de carnets de croquis de l’artiste et les archives légués au musée de la Céramique d’Andenne par Madeleine Tombu, fille du peintre décédée en 1995.

Précieusement conservés dans le musée d’Andenne, les carnets de croquis du peintre représentent une mine d’informations. Sortes de carnets de voyages où Léon Tombu croquait "les petites gens, les humbles travailleurs de la terre, du fleuve ou de la mer" mais aussi les bourgeois en habits, les femmes et les enfants peints sur le vif dans leurs occupations et leurs jeux.

C’est aussi dans ces carnets que le peintre gardait en mémoire les paysages bucoliques et scènes typiques croisés sur sa route tant dans sa région natale qu’au cours de ses voyages ou à Woluwé-Saint-Lambert où il vécut de 1937 jusqu’à sa mort en 1958. Dans un des chapitres, on découvre un artiste qui s’attache, dans une sorte de mouvement méditatif, à peindre et dessiner des intérieurs d’églises et de maisons.

Selon Claude Hellas, "Léon Tombu voulait se recentrer sur sa douleur" en réalisant ces dessins d’intérieurs qui coïncident au deuil et à la tristesse qui l’a envahi à la mort de sa petite-fille Nono, décédée à l’âge de 9 ans.

Claude Hellas ne s’est pas contenté d’étudier les œuvres conservées au musée d’Andenne. Au hasard de ses recherches, il a retrouvé 85 peintures disséminées chez des collectionneurs privés mais aussi dans les musées communaux de Huy et de Woluwé-Saint-Lambert.

Paysages mosansGravures, pointes sèches, eaux-fortes, peintures à l’huile, aquarelles, la matière produite par l’artiste abonde. Au fil des pages, on se plaît à contempler des paysages mosans peints entre Huy et Andenne. On reconnaît des rues et des places typiques de Huy, cartes postales d’époque dessinées par Léon Tombu. Andenne n’est pas en reste avec la fontaine Sainte Begge ou la chapelle du calvaire.

Toutes les facettes de l’homme sont auscultées, celle du pédagogue, du collectionneur de céramiques et de poteries, et même de l’apiculteur. On apprend que Léon Tombu a enseigné le dessin à l’école moyenne des garçons d’Andenne et qu’il a eu Jean Tousseul (Olivier Degée) parmi ses élèves. On découvre un artiste qui aimait communiquer ses passions et qui édite le mensuel artistique "L’Essor" dans le but de "contribuer au réveil de l’art wallon".

De fil en aiguille, il suscite le regroupement des peintres, sculpteurs et plasticiens wallons de l’époque et organise une première exposition des Beaux-Arts en mars 1900 dans "Le gros bâtiment" en bord de Meuse à Huy.

Un local est affecté par la suite aux expositions des artistes wallons, au 19 de la rue de France à Huy. Les lecteurs amoureux de leur patrimoine auront donc leur content dans cet ouvrage qui transmet à la postérité les traces d’un passé transfiguré par une œuvre picturale intense mais tout de même méconnue. Peut-être peut on reprocher au livre un fil conducteur tortueux qui rend parfois difficile l’itinéraire et la découverte de ce personnage kaléidoscopique.

Info : musée de la Céramique d’Andenne : 29, rue Charles Lapierre à 5300 Andenne, tél. : 085.84.41.81. Email : musee@ceramandenne.be Prix : 25 euros. Le livre est disponible au musée de la Céramique d’Andenne et dans certaines librairies d’Andenne, Huy, Namur et Woluwé-Saint-Lambert.