Tourisme de crise

Marc Vandermeir Publié le - Mis à jour le

Namur-Luxembourg

L’Observatoire du tourisme de la Fédération touristique du Luxembourg belge (FTLB) vient de publier le bilan de la saison d’été dans la "verte province". Un bilan établi à partir d’un traditionnel sondage auprès de 1 400 acteurs du tourisme, tous secteurs confondus, avec un taux de réponse d’un peu plus de 23 %. Ce bilan est mitigé et, en réalité, comme en correspondance directe avec la crise.

Tous secteurs confondus, la fréquentation touristique de juillet et août est qualifiée de bonne par 46,7 %, et de très bonne par 19,7 % des opérateurs interrogés. Elle est mauvaise pour 24,3 % et très mauvaise pour 7,4 %. Par rapport à 2011, près de trois opérateurs sur dix jugent équivalente la fréquentation de leur activité. Ils sont 34,5 % à la considérer comme mauvaise et 9,2 % comme très mauvaise. Et la FTLB de considérer que "pour l’ensemble des secteurs, les sources d’explications sont à trouver dans la conjoncture économique (57 %), dans la météo (50,5 %), ses prévisions (25,4 %) ou les voyages low-cost (16,8 %)" .

Un signe de lien avec la crise se manifeste dans l’évolution du chiffre d’affaires global de l’été par rapport à 2011. Si cette évolution apparaît, pour l’ensemble des secteurs, aussi positive (41,2 %) que négative (42,1 %), le chiffre d’affaires lié à la restauration et à la petite restauration est quant à lui en baisse pour 58 % des opérateurs. La diminution est alors comprise entre 10 et 30 % pour environ six opérateurs sur dix. La restriction des dépenses est ainsi évidente.

Ces signes de liens avec la crise se confirment lorsque l’on s’attache aux divers secteurs. "La fréquentation est considérée comme bonne à très bonne par respectivement 55 % des gestionnaires d’un camping, 56,4 % des hôteliers, 72,7 % des bureaux d’accueil, 77,3 % des gestionnaires de gîtes et 78,4 % des gestionnaires de chambres d’hôtes. En revanche, les acteurs des sport, nature et aventure, des musées et des attractions jugent la fréquentation de leur activité durant l’été, mauvaise (44,8 %) ou très mauvaise (13,8 %)."

Si les gîtes et les campings (soit les hébergements les moins coûteux) évoluent positivement, ce n’est pas le cas des chambres d’hôtes - avec un chiffre d’affaires annuel en évolution négative pour 54,3 % - et des hôtels. Ces derniers "sont confrontés à une diminution de leur chiffre d’affaires par rapport à 2011". "Le taux d’occupation est cette année estimé à 60,7 %, à la baisse par rapport à 2011 pour 61,2 % des hôteliers." "Une fois sur deux, la diminution est de plus de 10 %. Ce taux d’occupation est néanmoins toujours considéré comme satisfaisant par 55,1 % des hôteliers. La réservation de dernière minute pèse dans ce secteur entre 10 et 30 % pour 57,1 % des prestataires."

Enfin, les attractions et musées régressent aussi en termes de chiffres d’affaires. Avec "une diminution de 10 % à 20 % pour plus de 40 % d’entre eux". Quant aux origines de la clientèle, la Flandre reste le premier marché, à 49,5 % des prestataires, suivie de Bruxelles et la Wallonie (28,6 %) et des Pays-Bas (18,8 %). Mais, "comparativement à l’été 2011, on constate pour la deuxième année consécutive une diminution de la clientèle de Flandre et des Pays-Bas". Tandis que la clientèle française serait plutôt en hausse pour 23,1 % des répondants.

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