Namur-Luxembourg

Même le bourgmestre s’y est mis en prenant publiquement attitude, chose plutôt rare dans un dossier de menace d’expulsion. Ce lundi matin à la Pichelotte, siège du CPAS gesvois, beaucoup de monde était venu dire à quel point ils se sentaient prêts à soutenir la famille Sharikadze : élus, fonctionnaires communaux, voisins, médecins, enseignants, camarades de classe.

Les parents, Giorgi et Nino, comme les deux enfants, Nikolos et Lika, sont tous nés en Géorgie. Mais, vivant en Belgique depuis 2012, et en terre gesvoise depuis 2014, ils se sentent ici chez eux. C’est bien aussi l’avis d’un grand nombre de personnes qui, en quatre ans, ont eu largement le temps de les côtoyer.

Au sein du CPAS de Gesves, un noyau dur s’est formé, bien décidé à faire fléchir l’Office des étrangers qui vient de refuser une demande en régularisation pour raisons médicales. Le président de l’action sociale, André Bernard (CDH), était au côté du mayeur José Paulet (MR) pour inviter les habitants de la commune et au-delà à signer une pétition disponible dès aujourd’hui dans les commerces, à l’administration locale, sur le site internet communal ou encore appelée à exister sur les réseaux sociaux.

En particulier, c’est le sort de la petite Lika qui suscite l’émoi. Agée de 5 ans, elle est lourdement frappée de quadriplégie spastique, vit dans une coque et dans un univers totalement adapté, notamment dans son école du Château vert à Solières. "Il est clairement attesté par une équipe médicale, par une kinésithérapeute, par une directrice d’école que Lika a besoin de tout son suivi actuel pour vivre, simplement vivre pour qu’elle puisse évoluer et grandir. Il s’avère que dans son pays d’origine, aucune institution ne pourrait la recevoir comme c’est le cas ici. Nous pensons que lui enlever tout cela serait inhumain et dégradant", s’indigne André Bernard.

Des traitements en milieu hospitalier

Christian Halleux, le médecin de famille, envisage avec le CHU de Mont-Godinne des traitements par toxine butolique, qui ne peuvent se faire qu’en milieu hospitalier. Il souligne aussi que cette quadriplégie spastique a pour origine une infirmité motrice cérébrale liée à une mauvaise réaction de l’équipe médicale lors de l’accouchement, en Géorgie. A entendre les différents témoignages, l’intégration de la famille Sharikadze est un modèle du genre. Le père par exemple, n’attend qu’un titre de séjour pour être embauché, un patron de PME étant prêt à l’engager sur-le-champ.