Namur-Luxembourg Une dépense au budget 2018 qui fait bondir l’opposition : on veut identifier l’ADN des excréments.

On a ici un bourgmestre qui part en croisade contre les crottes de chiens ! En voilà un magnifique combat pour l’avenir de notre belle commune, on ne sait trop s’il faut en rire ou en pleurer." François Bouchat, chef de file Ecolo au conseil communal cinacien, est l’un de ceux que cette dépense inscrite au budget 2018, adopté ce lundi soir, a fait bondir : 85 000 euros pour la lutte contre les crottes de chiens.

Des recettes devraient être générées

"Vous vous rendez compte ? 85 000 euros pour identifier l’ADN des crottes de chien ! Tous les Cinaciens à qui j’ai parlé de cette décision sont sidérés. C’est hallucinant d’être à ce point en décalage par rapport aux attentes des citoyens." Car il s’agit bien de cela : la majorité MR de Ciney met en place son dessin, déjà évoqué en février dernier, de traquer les propriétaires peu respectueux dont les chiens laissent derrière eux des déjections sur la voie publique.

La méthode choisie : une analyse ADN de l’étron, ainsi que l’obligation pour tout propriétaire de chien de se faire enregistrer auprès du service d’état civil de la commune, ce qui permettra d’identifier le "contrevenant" à quatre pattes et son maître.

Cette mesure existe dans d’autres villes européennes comme par exemple, pas trop loin d’ici, à Reims en France. Une analyse ADN coûte autour de 20 euros, mais il faut aussi du personnel (c’est à l’agent constatateur qu’est attribuée cette nouvelle mission). Si un propriétaire est pris, il lui en coûtera 40 euros pour les frais, plus 100 euros d’amende.

Pour la défense de la mesure, on peut noter qu’à Ciney c’est une dépense (prévue mais qui reste une estimation) de 85 000 euros sur un budget ordinaire qui avoisine les 19 millions, et des recettes devraient être générées. Il n’empêche.

Pour le PS, le CDH et les verts, dans la minorité, ça ne tient pas la route. Primo, il faudra au moins un an pour constituer la liste des chiens et de leurs propriétaires dans la commune. Secundo, la mesure est mise en place une année électorale, mauvais timing. Tertio, il y a d’autres choses à faire avec 85 000 euros.