Namur-Luxembourg Jonathan Mirgaux a plongé mardi dans la Meuse pour tenter de sauver les occupants.

"Tout le monde me dit que c’était mission impossible mais je garde une petite rancœur. Celle de ne pas avoir pu sauver cet homme de la noyade", commente Jonathan Mirgaux.

C’est lui qui, mardi en fin de matinée, a posé un acte héroïque en plongeant dans la Meuse pour tenter de sauver les occupants (NdlR : José Folie et son épouse Jeannine Nikell) de la Renault Scenic qui a plongé dans le fleuve. Cet homme de 34 ans ne s’est pas posé de question lorsqu’il a vu la voiture percuter l’eau. "Je venais d’Anhée vers Hun lorsque j’ai entendu un bruit de fracas. J’étais en hauteur par rapport au halage et j’ai vu la voiture dans la Meuse. Je me suis arrêté, j’ai prévenu les services de secours et j’ai pris une photo pour montrer aux pompiers où la voiture se trouvait exactement au cas où ils en auraient eu besoin puis j’ai plongé."

Les fenêtres arrière de la Renault Scenic étaient ouvertes lorsqu’il a plongé dans l’eau. "Je voyais la voiture qui commençait à piquer du nez. Le conducteur a ouvert sa fenêtre. J’ai essayé à trois reprises de sortir sa tête de l’eau mais il s’est à chaque fois retourné. Je n’avais même pas vu qu’une deuxième personne se trouvait à bord. À ce moment-là, j’étais à bout de force et je suis revenu à la digue."

Heureusement pour Jonathan Mirgaux, une dame était présente à ce moment-là. C’est grâce à elle qu’il a pu sortir de la Meuse. "J’avais pris soin de lui confier mes affaires avant de sauter. J’aurais aimé pouvoir ramener cet homme et qu’on ait une bonne explication. En y réfléchissant maintenant, c’est vrai que j’aurais pu moi aussi perdre la vie mais je suis impulsif et j’ai sauté à l’instinct."

Jonathan Mirgaux a d’ailleurs été pris en charge par les secours après son plongeon. "J’avais assez froid et j’avais aussi de l’eau dans les poumons. On a mis la température à fond dans l’ambulance. Les secours ont même dû sortir tellement ils avaient chaud. Ils ont vraiment été top."

Son acte de bravoure est malheureusement resté vain. Mais dans son entourage, tout le monde souligne son courage.


Un acte volontaire

Au lendemain de l’accident mortel dont ont été victimes deux habitants de Villers-la-Ville, à Anhée, le caractère volontaire de l’événement semblait, hier, se confirmer. Tout au long de la journée de mardi, des témoins ont été entendus par les enquêteurs en charge du dossier. Et tous s’accordaient à dire que le véhicule, qui circulait sur un chemin de halage, a brusquement changé de direction pour terminer sa course dans la Meuse. “Le caractère volontaire du changement de direction par le conducteur du véhicule ne fait plus aucun doute”, nous a précisé, hier, le procureur du Roi de Nivelles, Jean-Claude Elslander.

En d’autres termes, José Folie, âgé de 67 ans, aurait délibérément décidé de précipiter son véhicule dans le fleuve, avec son épouse Jeannine à bord. Depuis quelques mois, le couple villersois battait visiblement de l’aile. Au point que des disputes éclataient régulièrement entre les époux. Aujourd’hui, la qualification de meurtre ne fait quasiment plus aucun doute. Reste désormais à savoir si l’accident résulte d’un acte de désespoir à la suite d’une énième dispute, ou s’il y avait préméditation. Des autopsies seront réalisées sur les corps des deux défunts.