Namur-Luxembourg

Le collectif Vent de Raison n’en est pas à son premier coup de gueule. On connaît ses "dix bonnes raisons pour refuser les éoliennes chez nous", affichées sur la page d’accueil de leur site. Par "chez nous", il faut entendre la Wallonie en général, et le Condroz en particulier puisque c’est ici que ce mouvement est né. Rien qu’en province de Namur, Vent de Raison suit ou a suivi l’évolution de seize dossiers. La dernière salve du collectif ? Un boulet rouge contre "les excès du pouvoir du ministre Henry". En cause, l’allongement de la liste de projets éoliens grâce à l’octroi de permis signé par Philippe Henry (Ecolo) sur recours, et ce contre la décision en première instance de l’administration régionale et contre l’avis d’autres services compétents. C’est le cas, récemment, de Tinlot ou de Fernelmont-Héron. Au passage, tout de même, le collectif oublie de rappeler que, dans le cas de Fernelmont, plusieurs éoliennes prévues initialement ont été supprimées pour éviter toute gêne éventuelle à l’épanouissement du futur zoning sur Fernelmont et Petit-Waret, et que le permis était donc partiel

Lorsque la procédure obligatoire donne une majorité d’avis défavorables sur la trentaine recueillie, que l’enquête publique révèle une opposition importante, et que malgré tout le ministre donne son aval, Vent de Raison parle de déni de démocratie "qui oblige à entreprendre de coûteuses requêtes en annulation au Conseil d’Etat".

Le ministre de l’Aménagement du territoire, Philippe Henry, a tenu à répondre à l’association Vent de Raison qui critique ses décisions en matière de projet éolien (LLB 03/08). Il rappelle que "chaque décision est prise dans le respect d’un cadre normatif détaillé et sur la base des orientations politiques définies par le gouvernement". Il précise que la Wallonie a pris des engagements pour diminuer ses émissions de CO2, et doit renforcer son indépendance énergétique et cela passe par l’éolien. Philippe Henry dit que, pour chaque projet, il prend en compte 15 avis différents. Depuis son entrée en fonction, il a autorisé totalement ou partiellement 13 parcs et en a refusé 11. "Il n’est pas acceptable de parler, comme vous le faites, d’excès de pouvoir. Il s’agit du simple respect et de l’expression des responsabilités qui m’incombent en tant que ministre", a-t-il conclu.