Namur-Luxembourg Une vétérinaire demande que des mesures soient prises.

L’attaque d’un mouton survenue dans la nuit du 4 au 5 mars dernier à Bérismenil suscite l’inquiétude chez les éleveurs. Stijn Vandyck, dont le cheptel a été attaqué trois fois en 2016, n’est pas rassuré.

"Mon collègue de Bérismenil n’a pas encore reçu les résultats de l’analyse ADN", souligne l’éleveur de Regné. "Cela dit, d’après les premiers éléments, une attaque par un loup n’est pas exclue. Les experts étaient arrivés à la même conclusion après l’autopsie de trois de mes ovins, tués le 25 août 2016, mais sans trace d’ADN, nous n’avons pas pu le prouver."

La période de pâturage va bientôt débuter et le Salmien réfléchit aux mesures à prendre pour protéger son troupeau.

"Début juillet, je conduirai une partie de mon cheptel dans une réserve naturelle située à 500 mètres de l’endroit où le mouton de mon collègue a été retrouvé", poursuit-il. "Malgré mes appréhensions, je les ferai paître à cet endroit, pour respecter mes engagements. Je vais tenter de les protéger avec un chien et des ânes."

Des mesures pas suffisantes

Selon Carole Meersschaert, vétérinaire à Vielsalm, ces mesures ne suffiront pas à régler le problème s’il s’avère qu’un ou plusieurs loups sont présents dans la région. "En France, en 2017, près de 12 000 moutons, chèvres, mais aussi vaches et chevaux ont été tués par une population de loups en augmentation, et ce malgré la mise en œuvre d’importants moyens de protection, comme des chiens de protection, des clôtures ou le regroupement nocturne des troupeaux", souligne-t-elle. "Il faut, à mon sens, y ajouter d’autres mesures permettant d’éloigner les loups des troupeaux, comme l’autorisation des tirs de défense."

Pour la vétérinaire, le retour du loup implique une gestion raisonnée et une collaboration transfrontalière et multidisciplinaire. "Si en Wallonie, nous n’avons actuellement que des indices de sa présence, au Grand-Duché, la preuve scientifique de la présence d’un loup a été apportée en juillet dernier lors d’une attaque près de Mamer où huit brebis ont été retrouvées mortes", conclut-elle.