Le PowerPoint de demain est belge
- Publié le 03-11-2017 à 08h21
- Mis à jour le 03-11-2017 à 08h23

La start-up Ludus, qui a développé un outil de création de présentations interactives, voit très grand.PowerPoint, le célèbre logiciel de présentation édité par Microsoft à la fin des années 1980, aurait-il vécu ? Pas encore. Avec le Keynote d'Apple, PowerPoint demeure toujours l'outil de présentation le plus utilisé à travers le monde. Ces deux logiciels ont pourtant assez peu évolué au fil des années. Et qui ne progresse pas, dans l'univers des nouvelles technologies, a tendance à reculer.
Prenant conscience de l'insatisfaction croissance des clients de PowerPoint, quatre jeunes entrepreneurs belges ont décidé de créer Ludus, une solution qu'ils n'hésitent pas à présenter comme le "PowerPoint du XXIe siècle" ! Testé avec succès auprès d'un nombre limité d'utilisateurs, Ludus vient d'être lancé au grand jour.
Co-fondateur avec Lionel Cordier, Jennifer Le Van et Dorian Van Bever, Vincent Battaglia nous a expliqué, depuis Barcelone où il vit, en quoi Ludus a le potentiel de donner un coup de vieux à PowerPoint.
1 - Quels sont les atouts de Ludus par rapport à PowerPoint ?
Vincent Battaglia en épingle trois. Un : le partage. Etant générées sur le web, les présentations "made by Ludus" sont beaucoup plus propices à être partagées. Il suffit d'envoyer une URL au lieu d'un fichier; lequel peut s'avérer souvent trop lourd, pas compatible ou pas fidèle à l'original. "Avec Ludus, on est sûr que la présentation va être vue exactement comme elle a été créée", assure Vincent Battaglia, "CTO" de Ludus. Deuxième atout : la collaboration. Etant dans le "cloud", Ludus facilite les collaborations. "Il n'est plus nécessaire de faire des allers-retours en s'envoyant et en renvoyant un fichier pour bosser ensemble sur une même présentation." Trois : l'intégration. A la différence du logiciel PowerPoint, la plateforme Ludus permet d'intégrer une grande diversité de contenus web, comme des vidéos YouTube et Vimeo, des images de GIPHY ou Instagram, des prototypes de Framer ou InVision, etc. "On a actuellement 21 intégrations. Mais, au final, tout ce qui est 'embeddable' pourrait potentiellement se trouver dans Ludus". On quitte donc la présentation en mode "lecture seule" pour une présentation interactive.
2 - Quelle est la cible de clients visée par Ludus ?
C'est, en priorité, le monde des créatifs (designers, développeurs, freelance…). Ludus a ainsi déjà été utilisé au sein de sociétés comme Dogstudio, Saatchi, Havas, Amazon, Dropbox… "A terme, notre ambition est de pouvoir séduire l'intégralité des utilisateurs de PowerPoint, ce qui fait tout de même 1 milliard d'utilisateurs, soutient Vincent Battaglia. Ça prendra sans doute dix ans, mais on veut voir grand."
3 - Qui sont les actionnaires de Ludus ?
Outre les quatre fondateurs, la start-up a bouclé, l'été dernier, une première levée de fonds à concurrence de 550 000 dollars. On y retrouve notamment le fonds d'investissement de Xavier Niel (Kima Ventures), Alexis Bonillo et Antoine Martin (co-fondateurs de Zenly), TheFamily ou encore Davy Kestens, Jeremy Le Van et Xavier Damman, des Belges que Vincent Battaglia avait côtoyés lors de son passage, de 2011 à 2016, dans la Silicon Valley. "On a de quoi tenir un an, dit-il. L'objectif est évidemment de confirmer la traction de clients et, surtout, de les fidéliser."
