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Entretien

Le partage, un des piliers du Web

mateusz kukulka

Mis en ligne le 23/06/2008

Pour chaque info mise en ligne gratuitement, on en récupére deux ou trois. C'est ce qu'estime Damien Van Achter, blogueur et journaliste.

YouTube, Dailymotion, FlickR, Last.fm, Facebook, Twitter, Plurk, les blogs... Autant de sites de partage de vidéos, de photos, de MP3, d'idées, de jeux... complètement inutiles ou frivoles de l'avis d'une partie - majoritaire - de la population.

Certains voudraient même catégoriser ce type d'activité comme "dangereuse" ainsi que le montre un récent rapport du Parlement européen visant directement les blogs.

Selon ce rapport, diligenté par la députée estonienne Marianne Miko: "les blogs constituent un moyen de plus en plus ordinaire de s'exprimer, tant pour les professionnels des médias que pour les particuliers. Le statut de leurs auteurs et éditeurs, notamment leur statut juridique, n'est ni déterminé ni clairement indiqué aux lecteurs des blogs, ce qui entraîne des incertitudes quant à l'impartialité, la fiabilité, la protection des sources, l'applicabilité des codes d'éthique et l'attribution des responsabilités en cas de poursuites en justice. Si cela n'est pas surveillé, cela peut menacer le pluralisme des médias."

Les blogs, et tout l'univers qui les entoure, seraient donc dangereux pour les citoyens européens...

Un lieu d'échange

Damien Van Achter, journaliste et blogueur belge spécialisé dans l'Internet et les nouvelles technologies de la communication, prône, lui, le partage, la confiance et la transparence sur le Web : "Plus nous sommes nombreux à apporter des briques à l'édifice, plus l'édifice se construit vite. Et plus, il est riche. Et plus il est ouvert. Le Web doit être un lieu d'échange, pas un lieu de contrôle."

S'il considère que l'individu reste au centre de ces décisions ("je décide ce que je lis et ce que je fais"), les nouvelles technologies permettent une mise en commun des compétences favorables tant à cet individu qu'à la collectivité : "Toute l'information que je donne, je ne la perds pas. Car je la récupère toujours en double ou en triple grâce à ce que d'autres personnes partageront avec moi."

C'est un peu le principe de l'open source (terme qui s'applique aux logiciels dont les codes sont mis à disposition de tous pour avoir la possibilité de les faire évoluer) : "Chacun peut apporter un bout de code et ainsi on crée un meilleur code, ajoute Damien Van Achter qui détaille la comparaison. Mais cela reste malgré tout un business comme un autre. Firefox, un des concurrents d'Internet Explorer, fonctionne de la sorte. Et il est financé, entre autres, par des sociétés comme Google, qui paie pour être le moteur de recherche par défaut de Firefox."

Croissance à deux chiffres?

Selon le journaliste-blogueur, c'est une logique que de nombreuses entreprises de médias ont pour l'instant du mal à accepter : "L'ambition actuelle est la croissance perpétuelle, à deux chiffres de préférence, et ce, chaque année. Alors personne ne veut partager ses informations. Mais le calcul n'est peut-être pas le plus judicieux. Est-on certain, qu'à long terme, quelqu'un voudrait encore payer pour une information ?"

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