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Je paie, donc c’est légal... Faux !
P.-F.L.
Mis en ligne le 25/04/2009
Télécharger des fichiers sur Internet - que ce soit de la musique, des vidéos, des logiciels ou des jeux - est devenu un jeu d’enfant. C’est toute une génération qui, depuis quelques années, a basculé dans ce nouveau mode de consommation des divertissements. Et le mouvement fait tache d’huile de façon exponentielle.
L’industrie belge du divertissement (musique, vidéos, etc.), qui mobilise quelque 55 000 personnes, sait que ledit mouvement est irréversible. Elle s’adapte tant bien que mal, comme d’autres secteurs happés par l’ère numérique. Mais cette industrie, jusque-là habituée à un modèle de ventes physiques (CD, DVD...), ne lutte pas toujours à armes égales sur le "Net". On veut évidemment parler du phénomène, inédit dans son ampleur, de la piraterie et des téléchargements illégaux.
Les chiffres livrés vendredi par trois associations (Sabam, Business Software Alliance et Belgian Anti-Piracy Federation) sont assez effrayants. En matière de musique, première victime des téléchargements illégaux, les dégâts sont considérables : en dix ans (1998-2008), les ventes physiques de CD et DVD ont chuté de 49 pc, avec un chiffre d’affaires ramené l’année dernière à 88 millions d’euros. Parallèlement, les droits d’auteurs perçus sur les ventes physiques par la Sabam ont fondu de 40 pc entre 2001 et 2008. Ils n’ont été compensés que très marginalement par les droits "online".
Les dégâts sont aussi de mise pour l’industrie belge du film, avec une perte annuelle de revenus de 10 pc, et celle des logiciels. Les pertes subies par cette dernière s’élevaient en 2007 à la coquette somme de 223 millions de dollars ! Et pour cause : quelque 25 pc des logiciels sont installés sans licence légale dans les entreprises.
Légalité apparente
Afin d’éclairer les "attitudes et habitudes" des Belges à l’égard de la révolution du téléchargement, les trois associations précitées ont chargé la Haute Ecole Karel de Grote (Anvers) de sonder le comportement des jeunes, les plus friands en matière de téléchargement. Plus de 1 000 étudiants - inscrits dans les universités et les hautes écoles belges -, ainsi que trente responsables IT, ont été sondés.
Il en ressort que plus de 90 pc des jeunes Belges téléchargent régulièrement des films, des jeux vidéo, de la musique et des logiciels. Mais, et c’est là que l’industrie tire la sonnette d’alarme, 79 pc des fichiers vidéo, 64 pc des fichiers audio et 62 pc des fichiers de jeux ont été obtenus de façon illégale. De manière délibérée ? Pas vraiment... Pour six étudiants sur dix, ils pensent être dans la légalité dans la mesure où ils s’acquittent d’un paiement (souvent dérisoire). Et quand on paie, pensent-ils, c’est que ça doit être légal. Or, sur de nombreuses plateformes d’échanges de fichiers ("peer-to-peer"), pas un euro n’est reversé à l’industrie...
Savoir Plus
Remèdes: Négocier et éduquer
Face au constat alarmant dressé par l’industrie (lire ci-contre), cette dernière appelle tous les acteurs concernés - dont les autorités publiques et les fournisseurs d’accès à Internet - à se mettre autour d’une table pour mener une action coordonnée contre les téléchargements illégaux. "On discute de ça partout en Europe, sauf en Belgique !" , déplore Olivier Maeterlinck, directeur de la fédération des producteurs belges de jeux vidéo, de musique et de films vidéo. Autre demande insistante : sensibiliser, et éduquer, les internautes. Jeunes et moins jeunes...
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