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Réseaux sociaux

Jean Sarkozy, un phéno-"mème" sur le web

E.P. (St.)

Mis en ligne le 13/10/2009

Le réseau social Twitter se fait l'écho de la stupéfaction des internautes face à la possible accession du jeune Jean Sarkozy à la présidence de l'EPAD. Les formules humoristiques raillant le fils du président se démultiplient presque à l'infini et créent un "mème", cette unité culturelle multidiffusée sur le net. Explications.

La candidature du fils du président Nicolas Sarkozy à la tête de l'Etablissement Public d' Aménagement de la Défense a suscité une vague de commentaires sur le réseau social Twitter avec le mot-clé "#jeansarkozypartout".

Qui aurait cru que Jean Sarkozy pouvait donner lieu à un déferlement humoristique à décoiffer la chevelure dorée et ondulée du jeune prince Sarkozy? Et bien beaucoup de monde!

Suite à la nouvelle polémique qui agite nos voisins français, les internautes indignés ont alimenté Twitter de leurs commentaires comico-absurdes : "Après avoir rencontré Jean Sarkozy, Ahmadinejad renonce à son programme nucléaire", "Il y a 3 pays où l'on hérite du pouvoir de père en fils : Gabon, Corée du Nord et Hauts de Seine !", "On pense sérieusement à édifier une statue équestre de Jean Sarkozy au centre de la place des Victoires à Paris", "Jean Sarkozy sait faire une omelette avec des oeufs Kinder "... Le degré hautement humoristique de ces "twitts" montre à quel point les citoyens-internautes sont désemparés, interloqués, stupéfaits face au pouvoir et à la responsabilité démesurés qu'on veut bien céder à un étudiant en deuxième année de fac de droit.

Une telle mobilisation des opinions a créé un "hashtag", un mot-clé précédé d’un #. C’est un moyen d’ajouter des métadonnées aux messages sur twitter, une information complémentaire qui permet de regrouper les messages autour d’un même thème, d’un même lieu ou d’un même événement.

Le journaliste de Libération.fr, Florent Latrive est l'un des premiers à avoir posté des messages sur les réseaux sociaux tagués #jeansarkozypartout, expliquant à 20minutes.fr que c'est «une réaction anodine d’agacement face au délitement des contre-pouvoirs institutionnels».

De cette communauté de messages au dénominateur commun "#jeansarkozypartout", est né un "mème". Iconographies persistantes au sein d'une communauté virtuelle (expression, photo, vidéo, etc.) les mèmes sont diffusés et relayés de manière exponentielle sur Internet, de telle sorte que ces "objets" forment une sous-culture du web et finissent par rentrer dans l'inconscient collectif.

Aussi appelés "buzz", on dénombre parmi les mèmes le Chris Crocker pleurant "Leave Britney alone!", les Lolcats, les Chuck Norris facts (des blagues satiriques autour de la force et la virilité de l’acteur), ou le Star Wars kid.

Le mème sur Jean Sarkozy a même donné lieu à un site "Jean Sarkozy partout" qui collecte et classe le flux des commentaires autour de #jeansarkozypartout. Facebook bien évidemment, possède désormais son groupe "Que Jean Sarkozy fasse des études avant de vouloir faire de la politique".

Ces commentaires pourront-ils avoir un impact sur la décision de mettre Jean Sarkozy aux manettes du quartier de la Défense de Paris? Nicolas Sarkozy, aussi présent sur Twitter et Facebook, ne pourra pas occulter une telle mobilisation massive qui communique son désaccord.

Savoir Plus

La pétition en ligne contre la nomination de Jean Sarkozy, victime de son succès.

"Délai d'attente dépassé" : la pétition en ligne lancée par le blogueur et militant politique Christophe Grébert, pour protester contre la nomination de Jean Sarkozy à la tête de l'Epad, est toujours difficilement accessible, ce mardi matin, trois jours après son lancement. Le texte, qui demande à Jean Sarkozy de "terminer [ses] études de droit et de faire quelques stages en entreprise" avant de prétendre à de telles fonctions, a rassemblé 43 000 signatures vérifiées, et près de 12 000 sont toujours en attente de validation.

"Les difficultés d'accès sont liées à la manière dont fonctionne le serveur du site : il priorise ses tâches", explique le fondateur du site, Frédéric Dubrulle. Le site fonctionne avec un système de validation qui vérifie chaque signature en demandant une adresse e-mail valide. La signature ne sera prise en compte que si le site reçoit une réponse à son message de vérification. "Pour éviter les surcharges, nous envoyons les e-mails durant la nuit ; mais le matin, lorsque les signataires répondent aux messages, cela provoque un pic de connexions, qui a rendu le site difficilement accessible ces derniers jours."

"La vérification est importante juridiquement : pour qu'une pétition ait une valeur, il faut qu'on puisse identifier les signataires. Une adresse e-mail valide est donc importante, et cela permet d'éviter au maximum qu'une même personne signe plusieurs fois ou qu'un robot signe automatiquement à de nombreuses reprises", explique Frédéric Dubrulle.

Le site a reçu environ 150 000 connexions sur la journée de lundi, et son créateur prévoit qu'il restera difficilement accessible durant les prochains jours, en particulier le matin. (Le Monde)

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