Amazon mondialise sa liseuse électronique Kindle

Le géant américain Amazon lance sa liseuse électronique jusqu'à présent réservé au marché américain. Dès ce lundi, il est possible d' acheter le Kindle via le site américain d'Amazon. A la Foire de Francfort, fureur contre Google et sa bibliothèque numérique

E.P. (St.)
Amazon mondialise sa liseuse électronique Kindle

Amazon ambitionne de lancer son Kindle dans 100 nouveaux pays après deux années d'existence aux Etats-Unis et un succès relatif comparé à celui des téléphones multimédias "smartphones".

Très attendu en Europe, "le Kindle, aussi fin qu'un crayon et plus léger qu'un livre de poche" fait effectivement 0,9 cm d'épaisseur et pèse 289 grammes. L'écran en noir et blanc de 15 cm fait apparaître le texte grâce à la technique du rétroéclairage et à la technologie de l'encre électronique.

La nouvelle version internationale est destinée à fonctionner avec les réseaux de télécommunication. Dotée d'une connexion internet sans fil, il est possible de télécharger les livres électroniques directement via la liseuse. Sa mémoire de 2GO lui permet de stocker 1500 ouvrages. L'autonomie est de deux semaines pour une utilisation simplement destinée à la lecture et de quatre jours avec la connexion Internet activée.

Amazon se positionne en leader du marché de la vente de livres en ligne et, combiné au nouveau support du Kindle, il cherche à prendre une longueur d'avance sur ces concurrents. Le Kindle donne accès à 250 000 livres numérisés et aux grands titres quotidiens internationaux (les français Le Monde et Les Echos, les espagnols El Païs et EL Mundo, l'italien La Stampa, le New-York Times, l'anglais Daily Telegraph et l'allemand Frankfurter Allgemeine).

Mais le lancement en grande pompe du Kindle ne convainc pas. Il comporte des inconvénients techniques comme le clavier QWERTY, alors que les francophones utilisent un clavier AZERTY, et sa fiche électrique américaine nécessite un adaptateur. Il faut le commander via le site américain Amazon.com et payer en dollars : 360 dollars, ce qui revient à 250 euros avec les frais de ports et de douane. Enfin, Il n'y a presque pas de contenu en langue française. La raison? Les éditeurs français sont réfractaires à l'idée de casser le prix des livres électroniques par rapport aux livres papiers qui sont fixes. L'exemple de la plateforme de téléchargement iTunes de Apple qui a réussit à imposer le standard de la chanson à 0,95 dollars, n'offre pas une perspective rassurante aux éditeurs français, pour qui le livre doit rester un produit culturel protégé.

La plus grande et importante foire du livre au monde qui s'est déroulée mercredi 14 octobre à Francfort était majoritairement consacré au livre électronique. Google en a profité pour confirmer le lancement d'une librairie digitale (500 000 livres) prévue en 2010 et annoncer la création son propre système de distribution "Google Editions". La concurrence est rude. Sony détient certes 35 % du marché américain du livre électronique contre 60% pour Amazon mais le Reader de Sony a le solide avantage de posséder 30 000 ouvrages en français suite à un contrat signé avec la Fnac. De leurs côtés les "smartphones" comme l'I-phone de Apple, le Blackberry de RIM ont aussi des applications qui permmettent de lire des livres électroniques.

Face à cette pression concurrentielle, Amazon s'est ouvert à l'exportation mais le lancement de son Kindle sur de nouveaux marchés reste prématuré. Le basculement des livres dans l'ère numérique est quant à lui freiné par la frilosité des éditeurs qui refusent de signer des contrats sous la pression exercée par Amazon.

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