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S’étaler sur le Net ? Pour se planter au boulot ?
Patrick Van Campenhout
Mis en ligne le 09/02/2010
On fait la fête entre copains, on exagère un peu. Dame, on ne vit qu’une fois. Et, aujourd’hui, on prend quelques images de la soirée, pour se faire des souvenirs sur un réseau social comme Facebook, avec quelques commentaires bien sentis. C’est "tendance", et puis c’est déjà entré dans les mœurs. Tout le monde le fait. C’est aussi une forme d’exhibitionnisme qui n’est pas sans risques, comme nous le confirme Didier Ongena, directeur général, Microsoft Belux, division consumers & Online, qui a commenté pour "La Libre" les résultats d’une étude internationale sur le thème "Protection de la vie privée et réputation sur Internet". "Cette étude nous a montré que les particuliers n’ont pas réellement conscience des risques qu’ils prennent en matière de perception de leur image lorsqu’ils s’expriment sur les réseaux sociaux. Or, ces risques existent vraiment, notamment en termes d’image lorsqu’il s’agit de trouver un job." Un phénomène sans grande signification chez nous ? "Selon notre étude, aux Etats-Unis, 70 % des responsables de la gestion des ressources humaines dans les entreprises assurent avoir déjà rejeté un candidat à l’embauche sur base des informations reprises dans son profil Internet , assène Didier Ongena. Il y a évidemment des perceptions différentes de ces éléments, selon la culture locale, mais ce qui se passe là-bas peut se passer ici "
Pour Ingrid Tournade spécialiste de la gestion des ressources humaines chez IRIS Group, "ces informations ne sont pas encore utilisées de manière systématique chez nous, mais il est clair que dans certains cas, nous effectuons une recherche sur base des profils publiés sur les sites spécialisés comme LinkedIn" . Un risque au moment de rechercher un emploi ? "De mon point de vue, le risque se situe surtout en termes de manque de visibilité lorsque les profils ne sont pas suffisamment détaillés" , assure encore Ingrid Tournade. Selon l’étude de Microsoft, toutefois, les sondés (1 345 internautes et 1 106 responsables des ressources humaines - GRH, interrogés aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne) estiment majoritairement connaitre l’impact de leur profil Internet sur leur carrière, tout en ne prenant pas les précautions nécessaires dans ce sens. Pourtant, 83 % des sondés estiment avoir le contrôle de leur profil sur Internet, 71 % d’entre eux sont conscients que ces informations peuvent influencer un processus de sélection, 63 % sont conscients que leur réputation en ligne peut affecter leur vie privée et leur vie professionnelle et 72 % des sondés ne regrettent pas ce qu’ils ont publié sur Internet. Toutefois, l’étude révèle que moins de 50 % des sondés gardent leur réputation à l’esprit lorsqu’ils publient des données privées sur Internet et seuls 32 % des participants à l’étude se soucient de la réputation des autres lorsqu’ils postent un contenu (comme une photo sur laquelle ils identifient une connaissance). Enfin, moins de 15 % des sondés pensent que les informations disponibles en ligne peuvent avoir un impact sur leur emploi.
Dans la pratique, pourtant, l’analyse des réponses des GRH laisse apparaitre que 79 % des responsables de la sélection et de la gestion des effectifs considèrent le profil Internet des personnes comme un des deux éléments clés permettant de proposer un entretien d’embauche. Et 68 % d’entre eux notent qu’un "bon" profil Internet influence positivement une candidature. Ces pourcentages sont nettement plus faibles dans nos contrées. Ingrid Tournade reconnait qu’il est évidemment difficile de résister à l’envie de jeter un coup d’œil sur les données "non professionnelles" du candidat publiées sur le net. "Il existe aussi des sites permettant d’agréger les données publiques relatives à des personnes" , note enfin Aurélie Couvreur (porte-parole Microsoft).
Microsoft qui s’est positionné dans un rôle très didactique en matière d’utilisation d’Internet, propose des formations aux jeunes. "Les jeunes qui font la fête aujourd’hui ne sont pas toujours conscients de l’image qui risque de les suivre lorsqu’ils seront à la recherche d’un job dans quelques années , note Didier Ongena. Et les données sympas qu’ils mettent ligne aujourd’hui sont pratiquement impossible à détruire, ils doivent en avoir conscience."
Que faire pour éduquer les jeunes à ces risques ? Microsoft propose quelques conseils de base : faire un audit personnel en effectuant une recherche nominative (qu’est-ce qu’on voit de moi ?), tenter de donner une bonne image de soi sur le Net, protéger ses informations privées, et faire enlever les infos indésirables. Bref, réfléchir.
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