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Un nouvel écrin pour Hardiquest Bon Bon Par H.H. et L.C.

Mis en ligne le 25/06/2011

Adresse : 453, avenue de Tervuren, 1150 Bruxelles. Ouverture : fermé samedi, dimanche et lundi midi et du 21 juillet au 10 août. Rens. : 02.346.66.15 ou www.bon-bon.be.artisan. Prix : 100-250 €.

CHRISTOPHE HARDIQUEST EST UN des jeunes chefs bruxellois incontournables. Et son "Bon Bon" commençait à devenir un peu étroit au vu de cette notoriété. Longtemps évoquée, la piste de la reprise du restaurant de Jean-Pierre Bruneau est finalement tombée à l’eau. C’est donc à Woluwe-Saint-Pierre, dans l’ancien "Trois couleurs" de l’avenue de Tervuren, que le chef et sa femme Stéphanie ont déménagé leur petit "Bon Bon" étoilé. Pour les habitués de l’ancienne adresse uccloise, la première impression est celle d’espace. La grande salle élégante jouxte la cuisine, entièrement ouverte. Les confortables chaises du bar sont d’ailleurs une place de choix pour assister au ballet des cuisiniers, réglé par un Hardiquest proche de sa brigade, jamais avare d’un compliment si le travail est bien fait. Sur l’immense plan de travail blanc, chaque assiette est, en effet, construite comme un puzzle, avec une attention toute particulière pour cette pousse de basilic qui apportera la touche finale.

Amoureux des produits - 95 % de ses légumes sont bio, sortant notamment de son potager de 6 ha installé à Dour et dont s’occupe son beau-frère -, Hardiquest a pensé sa nouvelle carte autour de quelques ingrédients nobles : homard breton, lotte de St Guénolé, canard au sang de chez Burgaud Pas plus d’indications, car, comme dans ses menus légèrement plus abordables (Marché 3 serv. à 67 €, Impro 5 serv. 110 € et Passion 7 serv. 140 €), le chef joue la carte de l’impro en fonction des saisons et des arrivages dans son nouveau "salon d’artisan cuisinier".

Mais il n’a rien perdu de sa touche, allant désormais à l’essentiel tout en osant des mariages audacieux. Comme dans cette belle langoustine du Guilvinec, parfaitement rôtie et servie sur un lit de parmesan mariné au single malt, qui cache une simple tomate confite. Une réussite totale. Et si le dressage est parfois un peu confus, son tartare de dorade royale et carpaccio d’huître Perle blanche propose un accord parfait, relevé d’une espuma au wasabi et d’un granité de radis. Grand classique d’Hardiquest, le foie gras aux baies de genévrier, cuit en coque d’argile, offre une texture incroyable et des parfums puissants. Tandis qu’il s’amuse avec cet agneau de Sisteron basse température (photo), fondant en bouche, qui se marie divinement à un petit crumble de fromage de chèvre, une gelée de piquillos et un simple jus d’agneau. Autre classique de la maison, le bol de cerises, friand aux pistaches, glace à la fève tonka et espuma de kriek, est un dessert de cuisinier plein de saveurs.

Rien à redire, avec des propositions comme celles-là, Hardiquest joue décidément dans la cour des grands. Cela s’en ressent d’ailleurs au moment de l’addition, assez salée si l’on ne prend pas garde aux vins (jolie sélection franco-espagnole à déguster à l’aveugle avec chaque plat à 10 € le verre), et si l’on craque pour le plateau de fromages franco-belges (18 €) Mais pas de regret pour autant. Si "Bon Bon" a déménagé, l’esprit est le même, et Hardiquest semble enfin avoir trouvé un lieu à sa mesure pour exprimer sa créativité.

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