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L'école des bonsaïs

Luc Noël

Mis en ligne le 16/02/2008

LIGATURESL'art de créer des arbres miniatures est enseigné à Bruxelles.

Al'arrière d'une maison de la chaussée de Wavre à Bruxelles, une cour abrite un bel ensemble de bonsaïs dont certains sont centenaires. Cette collection représentative des différentes traditions de l'art du bonsaï est celle d'une école. L'enseignement est dispensé par Do Van Luat, un maître formé dès son enfance dans la tradition vietnamienne. Depuis 1989, il accueille des propriétaires de bonsaïs qui souhaitent apprendre comment accompagner leur arbre au fil des ans. Cadeau ou coup de coeur dans une jardinerie, un bonsaï peut en effet dépérir rapidement. Bien soigné, il survivra à son jardinier.

Générations

Au centre de l'atelier trône un vénérable buis de chine (Murraya paniculata). Ce bonsaï vieux de plusieurs dizaines d'années a été façonné selon la tradition chinoise mais il se transforme en fonction de la progression technique et esthétique de son propriétaire, acquérant une forme plus libre. "Un bonsaï, explique Maître Do, est un être vivant. La forme n'est pas définitive. Elle peut être modifiée, parfois radicalement". Un exemple ? Voilà plus de vingt ans que Do travaille un micocoulier (Celtis sinensis), le faisant évoluer progressivement vers l'esthétique japonaise, particulièrement rigoureuse avec des axes et des proportions à respecter. Pour cela, il a dû supprimer des branches et en greffer de nouvelles en perçant le tronc de part en part pour assurer un bon ancrage aux rameaux. Cette technique de greffe de branches à souder à l'écorce du tronc, Do l'a perfectionnée en stage auprès de grands maîtres japonais. Des revues asiatiques spécialisées permettent également de suivre les évolutions techniques car l'art du bonsaï reste vivant, s'adaptant aux nouveaux outils comme les fraises électriques permettant de creuser et polir le bois.

Fil souple

Les élèves qui débutent apprennent tout d'abord comment prendre en charge un petit sujet de l'industrie horticole asiatique vendu chez les fleuristes ou en jardinerie. Il faut d'abord le rempoter dans un substrat de qualité. Puis, il faut tailler le fouillis de branches apparues après le recépage de l'arbuste dont le tronc avait été courbé. Parmi les outils spécifiques à l'art du bonsaï figurent des fils malléables. Choisi en fonction du diamètre du rameau, un fil est enroulé autour des branches pour pouvoir les diriger. Cela paraît simple mais ligaturer nécessite un apprentissage précis. "Si vous ne maîtrisez pas cette technique, explique Do, vous avez beaucoup de problèmes. Faute d'une bonne ligature, les branches cassent lorsqu'on les courbe." Une fois ligaturés, les rameaux peuvent en effet être orientés comme on le souhaite. Après quelques mois, les branches gardent leur nouvelle position quand les fils sont enlevés afin qu'ils n'impriment pas une marque dans le bois en croissance. L'orientation d'une branche ne s'improvise pas. C'est ici qu'interviennent des notions esthétiques et philosophiques que les cours permettent également de découvrir. Quelle est la première qualité d'un amateur de bonsaï ? Do dit qu'il doit être bon jardinier pour comprendre la dynamique de croissance et assurer les besoins de l'arbre. Le reste est étude, modestie, observation, patience et sérénité...

Ecole Dong So, chaussée de Wavre, 1360 à 1160 Bruxelles, tél. 02.673.75.49, http://users.skynet.be/bonsais.dongson. Un nouveau cycle de cours débute ce week-end. Participation : 195 € pour 7 séances, syllabus compris.

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