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copenhague
Petits arrangements entre amis
G.T.
Mis en ligne le 19/12/2009
Quels que soient les engagements qui seront pris à Copenhague, il conviendra d’analyser ceux-ci à tête reposée. Car des textes pleins de bonne intention en apparence peuvent dissimuler certaines subtilités discrètement noyées dans des formulations complexes. But de la manœuvre : reprendre de la main droite ce que l’on a donné de la gauche
Baptisées "loopholes" (échappatoires) par les experts, ces entourloupes pourraient, si l’on n’y prend garde, neutraliser tout ou partie des efforts que les différents pays s’engagent à réaliser. Petite revue.
L’année de référence. Un grand classique, simple mais efficace. Le protocole de Kyoto prévoit que les pays qui l’ont ratifié réduisent leurs émissions par rapport à leur niveau de 1990. Annoncer un objectif par rapport à une autre année de référence peut donc considérablement changer la donne. Un exemple ? Y a qu’à demander ! Les Etats-Unis envisagent une diminution de 17 % de leurs émissions par rapport à 2005, ce qui rapporté à 1990 nous ramène à -4 %.
L’air chaud. Derrière cette suave expression se cachent les montagnes de quotas de CO2 héritées de l’écroulement de l’industrie soviétique. La Russie, l’Ukraine et les pays d’Europe centrale disposent ainsi d’un solide bas de laine en crédits d’émissions qui représentent, selon certaines estimations, l’équivalent d’un million de tonnes de CO2 par an, de quoi neutraliser, si on ne limite pas le recours à ces "permis de polluer", une bonne partie des efforts de réduction globaux proposés à l’horizon 2020.
Les sousous. Là encore, il convient d’être vigilant. Les montants annoncés sont-ils des montants fermes ou de simples promesses ? Seront-ils additionnels ou s’agira-t-il d’un simple transfert de caisse entre les sommes normalement dévolues à l’aide au développement classique, qui d’un coup de baguette magique se transformerait en aide destinée à lutter contre le réchauffement climatique ?
Les mécanismes de flexibilité. Dans quelle mesure les objectifs de réduction annoncés seront-ils réalisés en interne ? La protocole de Kyoto a mis en place des mécanismes permettant aux pays industrialisés d’économiser du CO2 à moindre coût en investissant, par exemple, dans des projets pour un "développement propre" dans les pays pauvres. Louable sur papier, ce système s’est avéré difficilement contrôlable et n’aboutit pas toujours dans les faits à de véritables réductions.
L’usage des sols. Un arbre ou une prairie contribue à stocker du CO2. La manière de gérer un territoire peut donc avoir une influence sur le bilan global des émissions d’un pays. Le hic, c’est que selon les méthodologies employées pour effectuer ces calculs, un puits peut se transformer en source.
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