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Édito
Sortie de route
Mis en ligne le 19/12/2009
Difficile, au moment d’écrire ces lignes, de se prononcer de manière absolument définitive sur l‘issue qui semblait se dessiner au sommet de Copenhague. Vendredi soir, les patrons de la "Holding Terre" - qui ont à coup sûr un exemplaire du dernier rapport du Giec sur leur table de chevet, mais dont on se demande s’ils l’ont lu - semblait en passe d’avaliser un accord politique censé baliser la lutte contre le réchauffement climatique. Un document qui, sous réserve d’inventaire, est à mille lieues des belles ambitions et des grandes envolées lyriques entendues depuis des mois sur le "sauvetage" de la planète. Mais au moment de passer aux actes, ceux-ci n’ont fait qu’appliquer une "realpolitik" implacable. L’épée de Damoclès atmosphérique ne semble pas peser bien lourd, face aux enjeux financiers à court terme. Concilier les intérêts de pays baignant dans l’opulence la plus indigeste et ceux de nations barbotant dans la pauvreté la plus crasse tient, il est vrai, du tour de force.
Qu’en dire, dès lors ?
Que tous les efforts diplomatiques entrepris pour créer la confiance entre Nord et Sud sont, à l’évidence, un échec.
Que la Chine, fer de lance des pays émergents et en développement, a clairement marqué son territoire. Que l’apprentissage du multilatéralisme par les Etats-Unis, même sous l’ère Obama, paraît décidément difficile. Que l’Europe a bien du mal à peser sur les débats.
Que pas d’accord du tout est encore préférable à un texte qui ne servirait qu’à sauver les apparences.
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