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Les plasticiens et l’environnement
C.L.
Mis en ligne le 06/01/2010
De nombreux plasticiens contemporains n’ont pas attendu les cris d’alarme de ces dernières années pour se pencher sur les questions relatives à l’avenir de la planète, qu’il s’agisse des ressources énergétiques, de réchauffement climatique ou de comportements respectueux de la nature. Quelques exemples parmi bien d’autres.
Ainsi, en 1976, dans le cadre d’une exposition urbaine dans la commune et les espaces vert de Jambes, cité traditionnellement maraîchère, le sculpteur belge Félix Roulin installait, le long de la Meuse, tout un dispositif à base d’énergies renouvelables permettant de faire pousser des légumes dans une serre voisine. "L’artiste, écrivait-il, ne conçoit pas les système [ ] mais il peut réfléchir à l’impact de ces nouvelles solutions et manières de vivre sur l’univers formel qui nous entoure [ ]" Trente ans plus tard, il risque d’être enfin entendu ! En un autre lieu de la même exposition, Tapta, tendait les filets d’une structure textile organique, à la fois hamac et aire de jeux pour enfants.
Au cours des mêmes années septante, quelques artistes tels Richard Long, adeptes de ce que l’on nommera Land Art, réalisent des œuvres dans la nature, avec des matériaux trouvés sur place, pierres, branches, feuilles , effectuent des performances sous forme de promenades et tracent des plans, voire réalisent des peintures à l’aide de colorants naturels, de terres de couleur. Toutes œuvres éphémères laissées à l’appréciation de l’évolution du lieu. D’autres, tel Walter de Maria, construisent des dispositifs de manière à faire voir des phénomènes naturels alors qu’un Ian Hamilton Finlay intervenait dans la nature pour amener les gens à regarder les paysages au naturel comme une image, bien entendu à préserver. En Italie, les artistes de l’Arte Povera recourent presque exclusivement aux matériaux naturels comme la pierre ou le bois, pour en révéler leur structure.
Plus tôt, au cours des années soixante, les Nouveaux Réalistes français, dont le plus connu est sans doute César, réalisent des sculptures à partir de matériaux de récupération tandis que les affichistes Raymond Hains et Jacques Villeglé décollent les affiches publicitaires pour réaliser des tableaux. Leur démarche s’accompagnait d’une prise de position à l’égard de la surconsommation !
Comme il y est fait allusion par Heather Ackroyd and Dan Harvey dans l’exposition londonienne "Eart : Art of a Changing World" (voir ci-contre), en 1982, à l’occasion de l’exposition internationale "Documenta", l’artiste allemand Joseph Beuys proposait de planter 7 000 plans d’arbres pour la sauvegarde des forêts !
Plus proche de maintenant, un vidéaste, Roy Villevoye, filme un couple évoluant nu dans la nature sauvage en compagnie d’Africains, en tentant l’expérience d’un retour total à une forme primitive de vie, dans le respect d’un Eden idéal et mythique. Pour sa part, le photographe Hans Silvester est parti à la rencontre des peuples de l’Ome (Ethiopie) qui vivent en osmose avec la nature et, jusqu’à plusieurs fois par jour, se peignent le corps à l’aide de terres de couleurs variées. Enfin, le plasticien belge Bob Verschueren réalise depuis près de trente ans des installations magnifiques exclusivement à base de végétaux récupérés qu’il trouve dans les environs immédiats du site de l’exposition. Des œuvres évolutives qui poursuivent le cycle naturel.
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