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Elevage
Un pavé dans l’assiette
G.T.
Mis en ligne le 05/03/2010
Si le secteur de l’élevage contribue à la lutte contre la pauvreté et à l’amélioration de la sécurité alimentaire dans le monde, il est aussi une source de préoccupation croissante en raison d’une expansion galopante et incontrôlée. Tel est en substance le message adressé par la FAO (L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) dans un rapport rendu public il y a une dizaine de jours.
Dans les prochaines décennies, l’augmentation de la population, la croissance des revenus et l’urbanisation devraient encore tirer la demande à la hausse. La FAO prévoit ainsi que le nombre de bovins dans le monde passera de 1,5 à 2,6 milliards d’unités et celui des ovins de 1,7 à 2,7 milliards d’unités entre 2000 et 2050. Des animaux qu’il faudra nourrir : "La demande de céréales secondaires pour l’alimentation animale devrait aussi augmenter de 553 millions de tonnes pour la même période, ce qui correspond à près de la moitié de l’augmentation totale de la demande", souligne le rapport.
Sans surprise, cette montée en puissance se traduit par une mutation rapide des exploitations et des systèmes de production. Les élevages intensifs de taille industrielle supplantent toujours plus les petites exploitations traditionnelles qui ne peuvent rivaliser. Une situation qu’il convient de corriger juge l’institution onusienne, pour qui le secteur de l’élevage ne contribue pas autant qu’il le pourrait à améliorer la sécurité alimentaire et à lutter contre la misère. Et de suggérer des mesures pour renforcer les petits exploitants et leur permettre d’avoir eux aussi leur part du steak.
Plus largement, la gouvernance du secteur devrait être renforcée afin d’éviter les "défaillances systémiques" que l’on constate aujourd’hui, "sous forme d’exclusion sociale, de dégradation de l’environnement et de menaces pour la santé humaine". Il est urgent, insiste la FAO, de mettre en œuvre sans délai des politiques à l’échelle nationale et internationale qui permettront de limiter les impacts importants qu’a l’élevage sur l’environnement. Sans quoi, "la hausse constante de la production animale se traduira sinon par d’énormes pressions sur la santé des écosystèmes, la biodiversité, les ressources en terres et forêts ainsi que la qualité de l’eau, et contribuera de manière substantielle au réchauffement de la planète".
Pour ce faire, il convient prioritairement de corriger les distorsions de marché et les dysfonctionnements qui encouragent la dégradation du milieu, telles certaines subventions qui ont pour effets pervers d’accroître la déforestation, la dégradation de terres ou une surexploitation des réserves hydriques. "Des politiques faisant appel aux lois du marché, comme les taxes ou droits d’utilisation des ressources naturelles, devraient amener les producteurs à internaliser les coûts des dommages environnementaux causés par la production animale", note le rapport . Le recours à des nouvelles technologies pourrait également en atténuer les effets négatifs.
Enfin, la FAO attire l’attention sur les risques que représentent les maladies animales qui "réduisent la production et la productivité, perturbent les économies locales et nationales, menacent la santé humaine et accentuent la pauvreté".
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