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Nature trophée versus Nature musée
G.T.
Mis en ligne le 13/03/2010
"La Cites vise à réguler le commerce international des espèces sauvages afin d’assurer leur conservation, elle ne doit pas être prise en otage par certains groupes qui ont une vision strictement protectionniste et pour qui la nature est un musée intouchable." Voilà en substance le message qui sera porté à Doha par Johan Svalby, représentant de la Fédération européenne des associations de chasse et conservation de la faune sauvage (Face). En arrière-fond de cette prise de position, les débats autour des éléphants d’Afrique et de l’ours polaire.
Pratiquée de manière durable, la chasse sportive (qui est autorisée pour l’éléphant dans plusieurs pays) peut contribuer à la conservation de l’espèce en lui donnant une valeur commerciale, plaide-t-il. "En Namibie, la population d’éléphants comptait 6 000 individus en 1984. On a alors pris la décision d’impliquer les acteurs locaux dans la gestion des éléphants et on a pris diverses mesures. Et on lui a donné une valeur monétaire. Des chasseurs européens et américains paient beaucoup d’argent pour venir le chasser de façon sélective. Cet argent alimente un fonds qui sert à indemniser les populations locales des dégâts commis par ces animaux qui peuvent entrer en compétition pour certaines ressources. Et, en 2009, on recensait 17 000 individus." Par ailleurs, la situation de l’ours polaire ne justifie pas à ses yeux de transférer l’espèce sous l’Annexe I.
Du côté de l’International Fund for Animal Welfare (Ifaw), le son de cloche est quelque peu différent. "Les éléphants valent plus vivants que morts. Il y a moyen de développer une industrie du tourisme, comme au Kenya, qui rapporte davantage aux populations locales que la chasse", explique le porte-parole de l’organisation. Et le niveau des populations n’impose pas en l’état une régulation afin d’éviter les conflits entre hommes et animaux. Quant à l’ours polaire, "des cas de cannibalisme ont été observés au Canada car en raison du recul des glaces, ils n’ont plus assez de proies à chasser. Des mesures préventives ne sont donc pas superflues ".
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