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réchauffement climatique
L’action plutôt que l’immobilisme
Gilles Toussaint
Mis en ligne le 30/07/2010
"Yes we camp !", "Now or never" Dès l’entrée du "Camp Action Climat", les banderoles affichent clairement la couleur. Le flop du sommet du Copenhague est resté en travers de la gorge de ces militants qui, depuis mercredi, ont commencé à se rassembler dans une prairie bucolique sur les hauteurs de Liège. Quelques tentes, un chapiteau, une caravane qui sert de "media center", des sanitaires dissimulés derrière des bâches en plastique Les participants n’ont reçu aucune autorisation pour s’installer à cet endroit qu’ils comptent occuper durant une semaine, mais les autorités locales ont choisi de fermer les yeux; les "campeurs" ayant de leur côté d’emblée établi un dialogue avec le voisinage pour expliquer leur démarche. L’ambiance, il faut dire, est plutôt bon enfant. Aux journalistes qui visitent les lieux, il est toutefois demandé d’enfiler une chasuble fluo, histoire d’être clairement identifiables par certains activistes peu désireux de s’épancher sur l’épaule des représentants d’un métier qui, il est vrai, n’a guère bonne presse.
Ils ne sont encore qu’une poignée, plutôt jeunes, mais escomptent être quelques dizaines voire quelques centaines dans les prochains jours, nous explique Mechthieb, une charmante Allemande qui se charge de nous accueillir. Proche du mouvement pour la justice climatique, tous partagent la conviction que les politiques qui ont été mises en place jusqu’ici - marché du carbone et autres - sont boiteuses et sont loin de répondre à l’urgence climatique. A leurs yeux, les changements fondamentaux indispensables à la transformation en profondeur de nos sociétés ne peuvent être impulsés que par l’action directe des citoyens. Au passage, le système économique actuel, bâti sur le dogme d’une croissance infinie et de la surconsommation, en prend également pour son grade.
"Il faut changer beaucoup de choses, observe notre guide, comme arrêter de subsidier les centrales au charbon et le secteur aérien pour au contraire soutenir les énergies renouvelables et les économies d’énergie. Il existe plein de solutions, mais c’est souvent le changement qui fait peur aux gens. Si on crée les bonnes conditions, il est très facile d’adopter les bonnes habitudes. Et puis, notre vision du progrès ne doit pas se limiter aux avancées techniques, nous devons également progresser sur le plan social et relationnel." Et si les participants à ce camp n’ont pas la prétention d’avoir des réponses toutes faites à tous les problèmes - pas plus qu’ils n’entendent passer toute leur vie sous des tentes -, ils entendent se servir de celui-ci comme d’un laboratoire afin de démontrer qu’il est possible de bien vivre autrement, tout en réduisant nos impacts écologiques. Un panneau solaire et un cuistax transformé en "électro-cycle" serviront ainsi à produire l’électricité nécessaire au fonctionnement de certains équipements; des toilettes sèches ont été installées et une cuisine exclusivement végétalienne à base de produits bio figure à la carte.
Chaque jour, ils se réuniront pour échanger connaissances et idées au cours de conférences, ateliers et autres débats. Ils prendront part ce vendredi à une manifestation cycliste organisée dans les rues de Liège ainsi qu’à une autre manifestation (non violente, faut-il le préciser) qui ciblera une des grosses entreprises polluantes de la région. L’objectif est de faire savoir aux dirigeants de celles-ci qu’ils ne pourront pas indéfiniment poursuivre leurs activités sans rendre des comptes à la population.
Toutes les personnes intéressées et désireuses de prendre part à ces actions sont bienvenues, souligne encore Mechthieb, histoire d’inciter les "foules sentimentales" à se mêler de ce qui les regarde.
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