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Permaculture
Place aux actes !
Grégoire Comhaire
Mis en ligne le 23/08/2010
Un chapiteau. Des dizaines de tentes vertes éparpillées dans la prairie. Un grand panneau de bois qui nous souhaite la bienvenue et un van multicolore stationné sur le parking. Nous sommes arrivés à destination.
Tout le week-end depuis vendredi soir, le village de Nethen, dans l’entité de Grez-Doiceau, en Brabant wallon, a accueilli près de mille personne, venus participer pour la première fois en Belgique à un festival dédié à la "permaculture". Un terme encore méconnu du grand public et dont la meilleure définition se trouve, selon les organisateurs, dans le premier paragraphe de l’article qui lui est consacré sur le site Wikipedia (voir encadré).
"La permaculture est née en observant les écosystèmes, explique François de Gaultier, l’un des organisateurs du festival. C’est une éthique et un ensemble de valeurs pour l’organisation de la société qui prennent leur source dans le savoir-faire traditionnel et le respect des êtres et des éléments qui nous entourent."
A l’image de l’harmonie qui prévaut entre les différents éléments d’un écosystème, le symbole de la permaculture est une fleur à sept pétales. Chacun d’entre-eux représente un domaine d’application des principes de la permaculture (économie, patrimoine, santé, environnement...) Le site du festival a d’ailleurs été divisé en plusieurs espaces de couleur, chacun correspondant à l’un des ces pétales, et autant d’ateliers thématiques formant ensemble un véritable "monde des possibles", aux antipodes des discours fatalistes que l’on entend parfois ailleurs.
Du côté de l’artisanat , on y découvre par exemple comment fabriquer un four en argile, une éolienne, une faux pour la moisson... Du côté de la finance, on y rencontre les représentant du Système d’échange local (SEL) de Grez-Doiceau - Beauvechain, où les habitants se rendent des services payés en "bonheur" plutôt qu’en euros. On y découvre également, parmi des dizaines d’autres ateliers, les vertus du planning familal naturel, du lombricompostage, de la communication non-violente ou de la simplicité volontaire. "Ici, pas question de faire des constats. Les festivaliers ne veulent pas entendre que le monde va mal, ils veulent voir comment on a déjà commencé à le changer", poursuit François de Gaultier.
Car si des centaines d’initiatives ont lieu en de multiples endroits du globe, ce type d’évènement permet de constater qu’il y a un large mouvement qui travaille dans le même sens, ajoute Emeline De Bouver de l’ASBL Colibri.
Midi trente. L’heure de converger vers les grandes tables de la tente-cantine pour déguster une assiette de houmous-croquette de fromage de chèvre-salade, accompagné d’un bol de soupe au potiron. "Que tous ceux qui pensent faire partie de l’équipe d’organisation se rassemblent", lance un membre de l’équipe dans son porte-voix. Sous des faux airs d’organisation désinvolte, l’évènement s’est pourtant déroulé sans incident ni problème logistique majeur. Un véritable exploit vu l’absence de moyens et le nombre d’acteurs impliqués. "On a travaillé à trente depuis le début de l’année pour mettre sur pied cet évènement en laissant tomber les noms de nos différentes associations", poursuit Emeline De Bouver.
Bilan du festival : excellent, selon les organisateurs. Une atmosphère conviviale, paisible et des participant de tous âges et de tous horizons désireux "de s’impliquer et d’agir".
Après une première édition qui s’est déroulée l’année dernière en Bourgogne, les organisateurs ont lancé un appel aux participants dans l’après-midi pour trouver un lieu où l’accueillir l’année prochaine. La Suisse ? La Bretagne? Mis sur pied sans subsides et sans autre publicité que le bouche-à-oreille, le festival permaculture est appelé à se dérouler chaque année dans un lieu différent, mais toujours dans le même esprit.
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