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Exposition

Planète en danger: exposition à Liège

Grégoire Comhaire

Mis en ligne le 02/09/2010

L’exposition SOS Planet s’ouvrira, samedi, à la gare des Guillemins de Liège. Les décors et le recours aux images 3D devraient surprendre le public.

On donne encore du marteau et de la foreuse ici et là pour que tout soit fin prêt d’ici trois jours. Sous le toit Calatrava, le grand globe terrestre est déjà posé, prêt à accueillir les premiers visiteurs pour l’ouverture de l’exposition, samedi. Car c’est un événement de taille que la nouvelle gare des Guillemins accueille dans ses murs jusqu’en mai 2011.

Après "Tout Hergé", "J’avais 20 ans en 1945", "Made in Belgium" et tant d’autres qui ont reçu un accueil unanime du public, René Schyns et les équipes des ASBL "Europa 50" et "Collections & Patrimoines" récidivent en mettant sur pied, à Liège, une grande exposition consacrée à la Terre et aux dangers qui la guettent.

Baptisée SOS Planet, cette exposition étonnera le visiteur par la qualité de ses décors et le recours aux images 3D, entièrement réalisés en Cité ardente par des créateurs locaux.

Le parcours, divisé en quatre espaces, a comme fil rouge l’évolution de l’homme depuis son apparition sur Terre jusqu’aux dangers qui le menacent, en passant par la prise des consciences de ces dangers et enfin les solutions pour y faire face. Dès la première salle, c’est d’ailleurs une grande ligne du temps, représentant le processus d’évolution de la vie sur Terre, qui interpelle le visiteur. Cette évolution, ramenée à l’échelle d’un an, montre, en effet, que l’apparition de l’homme survient le 31 décembre à 23h59. De quoi relativiser la place qu’occupe l’histoire humaine dans celle de l’univers

Et pourtant, c’est durant les cent dernières années que l’espèce humaine a entamé le processus qui menace aujourd’hui sa survie. En passant tour à tour d’un glacier, à la maison de pêcheurs indiens sur pilotis, le visiteur découvre les différents écosystèmes, et les différents aspects de la planète Terre, menacés par le réchauffement climatique, le tout dans des décors en trois dimensions qui parviennent à retranscrire l’atmosphère du lieu, jusqu’à faire croire que la pluie perce à travers le toit de bambou, quand il ne s’agit en réalité que de résine.

En nombre d’endroits, les décors sont agrémentés de la présence de fossiles et d’objets muséaux qui rendent hommage aux civilisations perdues et montrent la beauté de la Terre, tant par ses aspects naturels que par l’empreinte que l’homme y a laissée.

Le recours aux images en 3D est partout et notamment sur cet écran dans le deuxième espace qui montre comment les molécules de CO2 s’échappent de multiples activités de la vie quotidienne pour rejoindre lentement l’atmosphère et accentuer ainsi le phénomène de l’effet de serre. En fin de parcours, on découvre même un film mettant en scène une tortue qui raconte l’histoire de sa confrontation à l’humanité, et qui conclut en apothéose un parcours très riche et très didactique conçu pour décrire une problématique pourtant relativement complexe.

L’exposition aborde aussi très largement la crise de la biodiversité, souvent occultée dans les médias par la crise climatique, alors que toutes deux sont intimement liées. La biodiversité recule plus vite aujourd’hui que durant la précédente période d’extinction qui a vu notamment disparaître les dinosaures, y apprend-on. En cas d’augmentation de la température globale de plus de 2 degrés, c’est 1/3 des espèces qui sont menacées d’extinction.

Et pour maintenir la température en dessous de cette augmentation de 2 degrés, il est nécessaire de réduire de 80 % à 95 % les émissions anthropiques de gaz à effet de serre d’ici 2050, par rapport à 1990. Les solutions existent, elles font l’objet de la quatrième et dernière partie du parcours, intitulée "L’homme agit".

C’est le vice-président du Giec, Jean-Pascal Van Ypersele, qui a dirigé l’aspect scientifique de l’exposition. "Le mérite d’un tel événement est de traduire pour le grand public le contenu du dernier rapport du Giec qui est indigeste à l’état brut", a-t-il lancé lors de son discours. La collaboration des climatologues de l’UCL avec l’équipe de René Schyns a permis ainsi de conjuguer l’expertise scientifique d’une problématique complexe avec l’art d’organiser des événements grand public avec un recours au visuel toujours plus étonnant d’année en année.

Les experts du Giec qui étaient présents à Liège la semaine dernière pour une réunion de cadrage du 5e rapport de l’organisation et qui ont bénéficié d’une visite en avant-première ont été très impressionnés par l’exposition, confie un membre de l’équipe organisatrice. "Plusieurs d’entre eux ont même émis le souhait que l’exposition se tienne plus tard dans leur pays d’origine."

Si la réaction du public est identique à celle des climatologues, le succès devrait être au rendez-vous.

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