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Ring : Bruxelles et la Flandre font route à part
Raphaël Meulders
Mis en ligne le 31/01/2012
Bruxelles et le Flandre n’ont décidément pas la même vision sur le futur du ring, la voie autoroutière entourant la capitale. Du moins dans sa partie nord, dont une très grande partie se retrouve en Région flamande. Face à l’afflux toujours plus croissant des automobilistes (on dénombre 230 000 navetteurs quotidiens sur le ring), les autorités flamandes ont décidé "d’optimaliser" cette partie nord allant de l’E40 Gand-Bruxelles à l’E40 Bruxelles-Liège (voir ci-dessous).
Plusieurs scénarios ont été mis sur la table, dont cinq ont récemment été étudiés par un rapport stratégique d’incidence environnementale (MER) commandé par la majorité en place au Nord du pays. Une étude importante puisque le gouvernement flamand dit vouloir s’en inspirer pour prendre une décision définitive à la fin du printemps, "si tout va bien". Les cinq variantes sont les suivantes : un doublement de la largeur de l’axe routier pour séparer la circulation de transit de la circulation dite locale; un trafic à deux niveaux grâce à la construction soit de tunnels, soit de viaducs; un tunnel sous Bruxelles; et enfin une tarification au kilomètre sans changer l’infrastructure existante.
D’après le rapport, repris par la presse flamande la semaine dernière, la variante à deux niveaux, en particulier à l’aide d’un tunnel est celle qui obtient le meilleur score sur le plan environnemental "à condition de filtrer le gaz émis dans le tunnel". Sur le plan de la santé, celle de la tarification kilométrique sans changement d’infrastructures obtient le moins bon résultat L’étude a fait bondir au sein de Greenpeace Belgique qui parle de conclusions "fausses" et "mensongères". "Il y a une manipulation des faits", accuse Joeri Thijs, spécialiste transports auprès de l’ONG. "Le gouvernement flamand a déjà fait son choix pour un élargissement à tout prix du ring et il veut faire ressortir cela par tous les moyens." Il est ainsi "étrange", selon M. Thijs, que toutes les options intégraient également la tarification kilométrique, soit le cinquième scénario. "Or l’étude ne l’explique pas vraiment et les journalistes n’y ont vu que du feu." Les conclusions de ce rapport de 400 pages seraient en outre fort différentes de l’ensemble du document. "Un truc de foire (sic), peu honnête pour faire passer "grossièrement" une thèse que veut démontrer le gouvernement flamand", dixit M. Thijs.
D’après Greenpeace, l’étude, part, en outre, d’un postulat "faux". Elle mise sur une croissance "inévitable" du trafic automobile sur le ring dans les prochaines années. "Une meilleure répartition du trafic est d’ores et déjà exclue de tout plan et avec les projets commerciaux le long du ring (Just under the Sky, Uplace ), tout va amener à une congestion totale. C’est une folie." Selon Joeri Thijs, "il est temps que les autorités flamandes arrêtent d’essayer de convaincre le citoyen que les plans d’élargissement du ring vont mettre fin aux embouteillages. C’est le contraire. Un élargissement amènera automatiquement plus de trafic".
Du côté de la Région bruxelloise, on réagit aussi. Le secrétaire d’Etat à la Mobilité, Bruno De Lille (Groen) rappelle la position officielle de la Région : faire passer un tunnel et construire un ring à deux niveaux sont des options "irréalistes" pour la majorité en place qui veut diminuer de 20 % la pression automobile à Bruxelles d’ici 2020.
Selon l’élu Groen, il apparaît "clairement" dans le rapport d’incidence que la tarification au kilomètre est la plus efficace en matière de gestion du trafic. "Vu que la tarification au kilomètre était à la base de tous les scénarios dans le rapport, j’espère que les autorités flamandes en tiendront compte et qu’elles appliqueront effectivement la redevance intelligente."
Sur ce point-là, la Flandre et Bruxelles semblent sur le même chemin : tôt ou tard, une tarification kilométrique devrait entrer en vigueur sur le ring, élargi ou pas. Voire sur l’ensemble du territoire belge, comme cela est souvent évoqué. "C’est un système très honnête", poursuit M. De Lille. "On ne paie pas plus parce qu’on possède une voiture, mais selon l’usage que l’on en fait, grâce à un système GPS. Le montant de la redevance peut, par exemple, être plus important aux heures de pointe et sur les routes échappatoires." Cette mesure devrait se coupler avec une diminution de la taxe de circulation actuelle. Une expérience pilote sera menée en Flandre sur les camions en 2013.
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