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QB50, micro mais costaud
Gilles Toussaint
Mis en ligne le 03/02/2012
L’idée, qui a germé il y a environ trois ans dans l’esprit de Ruedeger Reinhard de l’Esa, est de réaliser une constellation d’une cinquantaine de ces orbiteurs miniatures (un "CubeSat" représente un volume d’un décimètre cube pour un poids avoisinant le kilo) pour tout à la fois collecter des données scientifiques sur la basse atmosphère et valider de nouvelles approches technologiques qui, si elles font leurs preuves, pourront ensuite être reprises à plus grande échelle sur des projets futurs.
Soumise à la Commission européenne, la proposition a officiellement reçu son feu vert le 15 janvier 2012, assorti d’une enveloppe de 8 millions d’euros à cette fin. Concrètement, ces microsatellites seront réalisés par des équipes de chercheurs et d’étudiants avec l’appui de PME actives dans le secteur aéronautique.
Plus de nonante universités (dont quatre belges) issues des quatre coins de la planète ont marqué leur souhait de participer au programme. L’appel à projets se clôture le 15 février et les candidats retenus seront connus au mois de mai.
Ils auront alors trois ans pour finaliser leur engin; le vol de lancement par une fusée russe à partir de l’Arctique étant prévu fin 2014/début 2015. Les satellites resteront alors en orbite pour une durée de trois à cinq mois en fonction de la vitesse à laquelle les frottements atmosphériques entraîneront progressivement leur descente vers la Terre. "La dimension éducative est aussi très importante car un des soucis du secteur est de motiver de jeunes chercheurs et de jeunes ingénieurs" , insiste M. Muylaert. Chacun des partenaires devra également rassembler les financements complémentaires nécessaires à l’aboutissement de son projet.
Au total, quarante "doubles CubeSats" de la constellation QB50 seront utilisés à des fins scientifiques, les dix autres "triples CubeSats" servant pour leur part à tester de nouveaux concepts techniques. " Il s’agira notamment d’expérimenter des systèmes permettant de mieux contrôler la rentrée atmosphérique pour montrer que l’on peut récupérer une charge utile embarquée à bord d’un satellite ou encore pour limiter la quantité de débris qui retombent sur Terre" , explique notre interlocuteur.
Les microsatellites scientifiques procéderont de leur côté à des analyses en continu des différentes couches de l’atmosphère situées entre 90 et 330 km d’altitude : température, composition, densité " C’est une zone encore très mal connue. Pour la première fois on disposera de quarante points de mesure qui permettront d’établir des corrélations dans le temps et l’espace. C’est quelque chose de nouveau qui permettra d’améliorer les modèles atmosphériques et de mieux comprendre cette enveloppe qui entoure notre planète."
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